Association L'Ange Bleu
A.N.P.I.C.P. (Association Nationale de Prévention et d'Information Concernant la Pédophilie)

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Pédophilie : et si on levait les tabous ?

Gazelle, 1er novembre 2008

Les affaires de pédophilie font régulièrement la une des journaux. Et suscitent toujours une grande émotion dans l'opinion publique. Face à ces histoires dramatiques, le sensationnel l'emporte souvent sur le débat de fond. Enquête pour mieux comprendre ce phénomène de société déroutant.

Qu'est-ce que la pédophilie. La question paraît simple. Trop simple peut-être. Depuis l'effrayante affaire Dutroux, les mots se mélangent sans que l'on s'en rendre vraiment compte. "Il règne une grand confusion autour de la pédophilie. Cette conduite perverse est encore trop souvent confondue avec l'inceste ou le crime sexuel, explique Francis Ancibure, auteur du livre "Pédophilie : comprendre pour réagir" (1). Les pédophiles ressentent une attirance pour les enfants pré-pubères, mais ne passent pas forcément à l'acte. Tous les pédophiles ne sont pas des abuseurs, et inversement." Fondatrice de L'Ange Bleu, une association nationale d'information et de prévention concernant la pédophilie (2), Latifa Bennari se démène, elle aussi, pour clarifier le débat. Dans son ouvrage, également intitulé "L'Ange Bleu" (3), elle confie le calvaire qu'elle a vécu entre l'âge de six et quatorze ans. Un "ami" de la famille, que nul ne soupçonnait, est devenu le bourreau d'une Latifa muette de honte et de souffrance. La jeune n'a trouvé personne à qui confier l'innomable.
Aujourd'hui, la victime s'est métamorphosée en militante débordante d'énergie et n'en finit plus de parler. Son mot d'ordre : éviter toute diabolisation. Cesser, une fois pour toutes, de condamner sans comprendre. Son but : faire tomber les tabous et, surtout, balayer les préjugés qui demeurent autour de la pédophilie. Comment ? En allant à la rencontre des victimes, qu'elle aide depuis plsu de trente ans. Mais aussi, et c'est beaucoup plus rare, en donnant la parole aux pédophiles. Conférences, émissions de télévision, interviews aux quatre coins du monde... Sa démarche tranche diamétralement avec le silence de plomb qui entoure, depuis trop longtemps, la pédophilie.
Son leitmotiv: la prévention. "En France, les pouvoirs publics cherchent des solutions uniquement pour éviter la récidive, regrette Latifa Bennari. On ne fait rien pour prévenir le premier passage à l'acte et annihiler les penchants des pédophiles qui se sentent condamnés d'emblée".

Elle ne privilégie qu'une seule méthode, à savoir le dialogue encore et toujours. Elle organise fréquemment des groupes de paroles qu'elle reçoit le plus souvent chez elle, en banlieue parisienne, dans une ambiance conviviale autour d'un thé à la menthe. Forte de son expérience, elle souhaiterait créer la même structure au Maroc. Et les premiers contacts sont encourageants :
"Les gens sont très ouverts et sensibles à la question de la pédophilie. Une antenne d'écoute devrait bientôt voir le jour à Casablanca pour aider, en priorité, les enfants pauvres du Nord du pays."
En attendant cette première implantation au Maghreb, le travail acharné de Latifa continue à porter ses fruits en France. En témoigne l'histoire de Romain* qui, après plusieurs années d'échanges de lettres et de conversations téléphoniques avec la fondatrice de L'Ange Bleu, se considère comme un ancien pédophile. "J'avais la volonté de m'en sortir, mais j'ai eu beaucoup de mal à trouver un médecin pour suivre une thérapie, tous étaient très réticents, raconte cet homme fluet âgé de 37 ans qui ressentait une attirance vers les petits garçons mais n'est jamais passé à l'acte. Grâce au dialogue établi avec Latifa, j'ai réalisé un long travail sur moi-même et ainsi évacué mes penchants pédophiles." Un des moments clés pour lui : le dialogue avec des victimes qui lui a permis de prendre conscience de leurs souffrances. Romain est désormais bénévole à L'Ange Bleu. Aux côtés de Latifa, il répond aux lettres envoyées par des détenus et aide des pédophiles à sortir de leur isolement.

Si l'Etat prône l'obligation de soins pour les pédophiles sortant de prison après avoir purgé leur peine, les thérapies proposées sont-elles efficaces ?
Francis Ancibure n'y croit guère. "Le propre du pervers est de pouvoir présenter une figure qui n'a rien à voir avec sa véritable personnalité, explique ce psychologue et expert judiciaire. C'est un escroc, un expert en manipulation. Aussi, quand le thérapeute lui commande de substituer aux pensées sur les enfants des pensées "normalisées", il se fait la dupe du pervers pédophile. Ce dernier jouit alors de duper son thérapeute, comme il s'est joué de l'enfant." Leur solution ?
L'écriture qui pourrait peut-être jouer un rôle prépondérant pour donner une limite à la jouissance pédophile.
Aux victimes de pédophilie l'on préconise souvent aussi de suivre une thérapie.
"Il faut savoir être patient et attendre que l'enfant soit prêt à en parler, explique Francis Ancibure. Sabine Dardenne, victime de Dutroux, parle ainsi de ce qui lui est survenu comme d'"un livre posé sur une étagère". On ne doit pas forcer les enfants à parler sur le champ mais les laisser mûrir pour ne pas les brusquer." Il existe en France plusieurs moyens pour les victimes de parler de leurs souffrances. La plus connue est certainement le 119 "Allo Enfance maltraitée", un service d'accueil téléphonique gratuit sept jours sur sept et 24h sur 24. Ou encore des associations comme "L'Ange Bleu" ou "Enfance et Partage" qui oeuvrent pour protéger et défendre les enfants de tout abus. Il existe aussi, hélas, encore des pays où les victimes n'osent pas s'exprimer. Et où le sujet de la pédophilie est tout simplement tabou. "En Algérie, porter plainte pour des actes de pédophilie est très dur, regrette Latifa qui s'est rendue sur place cet été. Les victimes sont perçues et se perçoivent comme les coupables. Sans compter que de plus en plus de femmes avec leurs enfants sont obligées de vivre dans la rue dans un manque de considération total."
Une réalité d'autant plus insupportable qu'elle ne cesse de prendre de l'ampleur.

(1) "Pédophilie : comprendre pour réagir", Francis Ancibure et Marivi Galan-Ancibure, Editions Dunod
(2) www.ange-bleu.com, 0820-392-192
(3) "L'Ange Bleu, pédophilie : prévenir pour protéger", Latifa Bennari, Editions du Rocher

ATTENTION AUX DERIVES D'INTERNET
LE CONTROLE PARENTAL EST ESSENTIEL

Quatre et cinq ans de prison ferme. Il s'agit des peines prononcées, le 2 juillet dernier, par le tribunal correctionnel de Rouen contre deux internautes qui avaient planifié, via internet, l'enlèvement, la séquestration, le viol et la torture d'une fillette. Ces deux hommes, âgés de 49 et 42 ans, discutaient de leurs délires pervers sur la messagerie instantannée de Microsoft (Windows Live Messenger), cachés derrière les pseudos de "Helliot" et "Diablo".
Pour Nadine Morano, secrétaire d'Etat chargée de la famille qui a fait de la lutte contre la cyber-pédophilie une priorité, "ce jugement est une véritable mise en garde aux pédophiles". Afin de prévenir tout abus en ligne, rien de tel que la surveillance des parents et l'installation de logiciels de contrôle. Grâce au système de contrôle parental de Microsoft, un logiciel téléchargeable gratuitement, les parents ou tuteur peuvent refuser à une personne qu'ils ne connaissent pas d'engager une conversation sur Internet avec leurs enfants. Pour pouvoir "chatter" avec un "nouvel ami", le parent devra l'autoriser grâce à un mot de passe. Autre option : les programmes, mis à disposition par les fournisseurs d'accès à Internet (FAI), qui agissent comme un filtre et interdisent l'accès à certains sites. Numericable arrive en tête du classement réalisé par l'association e-Enfance, qui se consacre à "la sensibilisation des risques d'Internet vis-à-vis des enfants". Il devance de peu Orange.
Pour les parents avides de conseils, direction le site Internet d'Action Innocence (1). Cette organisation non gouvernementale (ONG) a lancé en octobre dernier "une campagne d'Education numérique" en ligne. Au menu : quatorze vidéos mettant en scène des personnalités, comme Pierre Arditi, Mimie Mathy ou Nadine Morano. Parmi les thèmes abordés, citons "Le signalement d'un site illicite", "Le risque d'une mauvaise rencontre", "Les messageries instantannées" ou encore "Le contrôle parental". Une mine d'infos pour apprendre à être vigilant sans être un crac en informatique. Jacques Henno, journaliste spécialiste des technologie de l'information, a, lui, publié un livre intitulé "Les 90 questions que tous les parents se posent" (Editions Télémaque, 16€) et mis en ligne un blog, nosenfants.fr. Ce père de trois enfants y donne les clefs pour adopter une bonne attitude, ainsi qu'un tas d'adresses utiles. L'objectif de l'ouvrage est aussi de transmettre aux parents les compétences et le vocabulaire pour dialoguer d'égal à égal avec leur enfant.
Une condition sine qua non pour garder le contrôle. Bon plan : le court lexique des abréviations utilisées lors des conversations électroniques. Salut et à demain s'écrit ainsi : "lu@2M1".
(1) www.actioninnocence.org

© 2008, Gazelle, F.B. - 1er novembre 2008

 


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