Association L'Ange Bleu
A.N.P.I.C.P. (Association Nationale de Prévention et d'Information Concernant la Pédophilie)

33, avenue Philippe Auguste
75011 PARIS
Tél : 06 84 97 72 39


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Actualités archivées

Présentation du dernier ouvrage de Latifa Bennari

24 juin 2014

MaVĂ©ritĂ©Sur offre Ă  Latifa Bennari un espace pour pouvoir prĂ©senter son dernier ouvrage, PĂ©dophiles, ex-auteurs et victimes: Tome 1, disponible par tĂ©lĂ©chargement Ă  4€ Ă  cette adresse.

Nous remercions infiniment l'équipe de MaVéritéSur pour leur soutien et nous vous invitons à consulter la présentation à cette adresse.

© 2014, maVĂ©ritĂ©Sur - 24 juin 2014



 

L'ignominie d'accusations calomnieuses nous oblige Ă  agir

19 juin 2014

Suite à la publication d'un article du journal Le Parisien et relayé par le Président de Génération Bry, la permanence de l'association L'Ange Bleu sera suspendue à partir du 19 juin 2014. Un acharnement politique et médiatique dont le seul but est de nuire à un innocent ainsi qu'à sa famille dont sa fille désignée comme victime par les détracteurs.

La justice a dispensĂ© de peine et de casier judiciaire cet homme accusĂ© injustement pour viol sur sa fille. Une dĂ©cision de justice incohĂ©rente voire rarissime qui dĂ©montre le caractĂšre innocent de l'accusĂ© malgrĂ© le mantien de sa culpabilitĂ©. La supposĂ©e victime clame l'innocence de son pĂšre depuis le premier jour dans un univers d'autistes oĂč personne ne veut l'entendre.

L'Ă©dition du Val de Marne du journal Le Parisien n'a pas ratĂ© l'occasion pour mettre au pilori cet homme depuis le mardi 6 mai 2014 en publiant des informations calomnieuses relayĂ©es par le prĂ©sident de GĂ©nĂ©ration Bry sans aucune vĂ©rification de la vĂ©racitĂ© de la rĂ©alitĂ©. La journaliste responsable et auteur des publications n'avait pas envie d'entendre ma version de la bonne oreille dont je lui ai fait Ă©tat moi-mĂȘme par tĂ©lĂ©phone. Dans cette affaire qui prend une dimension dĂ©mesurĂ©e et disproportionnĂ©e, la prĂ©somption d'innocence et les risques de consĂ©quences n'ont Ă©tĂ© ni respectĂ©s ni pris en compte malgrĂ© le recours engagĂ© Ă  la Cour EuropĂ©enne des Droits de l'Homme.

C'est pourquoi aprĂšs la publication de plusieurs articles relatifs Ă  cette affaire dans le mĂȘme quotidien, la derniĂšre publication du 18 juin 2014 oĂč l'identitĂ© du policier mis en cause a Ă©tĂ© divulguĂ©e, est pour moi la goutte d'eau qui fait dĂ©border le vase. C'est donc avec beaucoup de regrets et aprĂšs une longue hĂ©sitation que je prends la dĂ©cision de suspendre la permanence tĂ©lĂ©phonique de L'Ange Bleu par solidaritĂ© Ă  cet homme innocent, meurtri et attent dans sa dignitĂ© humaine.

Compte tenu du caractĂšre prĂ©ventif de mon action d'Ă©coute et du nombre effarant des appels Ă©manant des pĂ©dophiles passifs ou fragiles pour Ă©viter le premier passage Ă  l'acte, je mesure la gravitĂ© de cette initiative. À ce titre, je demande aux personnes concernĂ©es par une demande d'aide urgente de comprendre ma position face Ă  l'ignominie et la perversitĂ© de certains journalistes et la complicitĂ© de leur rĂ©daction dans la destruction d'une famille en rappelant que je n'en fais aucunement une gĂ©nĂ©ralitĂ© dans cette dĂ©claration Ă  l'Ă©gard du journal Le Parisien.
Cependant, je répondrai exceptionnellement aux courriels urgents.
La présidente de l'association de L'Ange Bleu
Madame Latifa BENNARI

Lisez la lettre ouverte du policier répondant le 21 mai 2014 aux premiers articles du Parisien à cette adresse.

Écoutez l'interview du 21 mai de maitre Chevrier, une des avocate du fonctionnaire, et de madame Latifa Bennari, prĂ©sidente de L'Ange Bleu, Ă  cette adresse.

© 2014, maVĂ©ritĂ©Sur - 21 mai 2014



 

Un policier municipal cloué au pilori médiatique

21 mai 2014

L'Ange Bleu à maVéritéSur pour soutenir un fonctionnaire de la police municipale infamé par une fausse accusation qui menace sa vie et celle de sa famille.

Lisez la lettre ouverte du fonctionnaire répondant à des récents articles du Parisien à cette adresse.

Écoutez l'interview de maitre Chevrier, une des avocate du fonctionnaire, et de madame Latifa Bennari, prĂ©sidente de L'Ange Bleu, Ă  cette adresse.

© 2014, maVĂ©ritĂ©Sur - 21 mai 2014



 

Guide à la méthode de Latifa Bennari

9 février 2014

Le nouvel ouvrage de Latifa Bennari illustre sa méthode novatrice en matiÚre de prévention des abus sexuel et de l'écoute des victimes ainsi que des auteurs, des consommateurs d'images et des pédophiles abstinents.

L'ouvrage inclus un vaste recueil de témoignages poignants d'ex victimes, ex délinquants sexuels, pédophiles abstinents et observateurs des groupes de parole de l'Ange Bleu.

Consultez la vidéo de présentation de l'ouvrage sur YouTube à cette adresse.
"PĂ©dophiles, ex-auteurs et victimes: Tome 1" sera disponible Ă  4€ par tĂ©lĂ©chargement Ă  cette adresse.

© 2014, La librairie numĂ©rique de Monaco, Latifa Bennari - 14 mars 2014



 

Abus sexuels : la fin du déni?

1er mars 2014

Latifa Bennari est une ancienne abusĂ©e qui consacre sa vie Ă  aider les pĂ©dophiles Ă  ne pas passer Ă  l’acte ni Ă  rĂ©cidiver. Sept jours sur sept, elle rencontre, Ă©coute, conseille des hommes, et parfois des femmes, qui luttent contre leurs pulsions, mais aussi des victimes. Elle organise rĂ©guliĂšrement des espaces d’échanges entre victimes et agresseurs (compatibles). Une approche unique de prĂ©vention, d’apaisement et de rĂ©paration.

Latifa Bennari, prĂ©sidente fondatrice de l’Ange bleu :


NEXUS: Comment l’Ange bleu est-il nĂ©?
Latifa Bennari:
L’expĂ©rience malheureuse de mon enfance m’a propulsĂ©e sur ce terrain trĂšs tĂŽt. J’étais donc dĂ©jĂ  une militante dans l’ombre depuis trente ans. Je rendais service aux victimes et aussi aux agresseurs pour Ă©viter la rĂ©cidive. À l’époque de l’affaire Dutroux, il y a eu une affaire dans une Ă©cole de ma ville, des doutes, des soupçons sur le comportement Ă©quivoque d’un instituteur. J’ai lancĂ© une enquĂȘte discrĂšte pour ne pas mettre en pĂ©ril un innocent si jamais cela s’avĂ©rait ĂȘtre juste un effet de la psychose ambiante. J’ai fait cette enquĂȘte auprĂšs des parents pour apporter les preuves Ă  l’acadĂ©mie, Ă  la police et c’est Ă  ce moment-lĂ  que le maire de ma ville – Ă  l’époque M. Lasnes, Ă  qui je rends hommage – m’a encouragĂ©e Ă  crĂ©er une association pour faire profiter les institutions de mes compĂ©tences. VoilĂ  comment est nĂ© l’Ange bleu.

Comme des dizaines d’autres associations Ă  l’époque

En effet, un grand nombre d’associations ont vu le jour. Malheureusement, tous leurs discours – y compris celui des politiques et des professionnels – Ă©taient tournĂ©s vers la diabolisation et la rĂ©pression, qui ne correspondaient pas du tout Ă  mon terrain. En faisant des recherches, j’ai Ă©tĂ© choquĂ©e par le manque de structures d’aide aux pĂ©dophiles avant le premier passage Ă  l’acte. Et je me suis dit que ce n’était pas possible, qu’il Ă©tait Ă©vident que les mesures et les lois prises par les politiques, les institutions, les psychiatres n’étaient pas adaptĂ©es pour protĂ©ger les enfants ou prĂ©venir la maltraitance. J’ai donc dĂ©cidĂ© de prendre le taureau par les cornes et de continuer l’action que je maĂźtrisais en autodidacte, Ă  savoir l’écoute des victimes, et de la complĂ©ter avec ce qui n’existait pas : l’écoute des pĂ©dophiles abstinents, des ex-auteurs repentis. Toute ma vie, j’ai entendu des dĂ©linquants sexuels avouer : « Si j’avais pu ĂȘtre Ă©coutĂ© comme vous le faites avec moi maintenant, je ne serais jamais passĂ© Ă  l’acte. »

Cela n’existe-t-il pas dĂ©jĂ ? En France ou ailleurs?
Ça existe au Canada sous une forme trĂšs marginalisĂ©e: ce sont des bouddhistes qui sont actifs dans les prisons. Des victimes y sont accompagnĂ©es, encadrĂ©es par des psychologues. Mais je suis la seule en France, voire au monde, opĂ©rationnelle dans cette dĂ©marche de rencontre auteur-victime. Je les rĂ©unis autour d’un thĂ© et de gĂąteaux, pour des rencontres conviviales dans un espace libre oĂč les psys n’interviennent pas. En revanche, depuis des annĂ©es, j’ouvre l’espace pour les observateurs. J’ai compris que c’est par l’observation qu’on apprend. En fonction des places disponibles, j’accepte que la presse, des psys, des Ă©tudiants y assistent en tant qu’observateurs.
Cette rencontre entre pĂ©dophiles abstinents ou consommateurs de pĂ©dopornographie, auteurs et victimes permet aussi de sortir de l’enfermement dans le statut de victime. J’entends souvent dire que, tant qu’il n’y a pas de sanction, les victimes ne peuvent pas s’en sortir. C’est archifaux! On enferme les victimes dans cette thĂšse. Du coup, lorsque l’auteur reste impuni faute de preuves ou dĂ©cĂšde, certaines victimes sont encore plus dĂ©truites et ne se reconstruisent jamais.

Du cÎté du gouvernement, quelles sont les réactions?
Cela fait des annĂ©es que je collectionne les rendez-vous au SĂ©nat, Ă  l’AssemblĂ©e, dans les cabinets ministĂ©riels, j’en ressors toujours avec des promesses, des louanges, des compliments, des encouragements, mais rien d’autre. Que voulez-vous, je ne suis pas politiquement correcte !

Vous mettez souvent en garde contre les fausses accusations

Oui, il ne faut pas oublier que des innocents peuvent ĂȘtre dĂ©truits par des accusations calomnieuses ou erronĂ©es. C’est une arme fatale pour nuire. Parfois aussi, c’est le rĂ©sultat d’une paranoĂŻa. Compte tenu de la complexitĂ© des signalements ou des accusations injustes, il m’arrive souvent d’intervenir pour Ă©clairer la justice ou les enquĂȘteurs dans certains dossiers pour disculper des innocents.

Vous faites tout cela bénévolement?
ComplĂštement ! Heureusement, mon mari m’a toujours soutenue financiĂšrement quand bien mĂȘme il ignore les dettes que j’ai contractĂ©es pour sauver mon association de la noyade ! Cependant, je remercie les donateurs spontanĂ©s qui apprennent par les bons mĂ©dias que le but rĂ©el de mon combat est de protĂ©ger les enfants et contribuent Ă  cette cause. Aujourd’hui, avec l’ampleur de mon action, je me sens victime de mon succĂšs puisque je travaille tous les jours jusqu’à une heure du matin !
Mes journĂ©es sont consacrĂ©es au terrain (rendez-vous avec les demandeurs d’aide pĂ©dophiles, victimes ou familles). Demain, par exemple, je rencontre Ă  Paris un pĂ©dophile qui a un procĂšs et un autre, trĂšs jeune, qui n’a jamais touchĂ© un enfant, mais qui souffre de cette orientation sexuelle qu’il n’a pas choisie. Le soir, je consacre de 19 heures Ă  20 h 30 quelques moments Ă  mon mari pour qu’il n’oublie quand mĂȘme pas qu’il est bien mariĂ© [rires]. Ensuite, je m’installe devant mon ordinateur, je mets mon casque et je rĂ©ponds aux appels tĂ©lĂ©phoniques ainsi qu’aux messages de dĂ©tresse par Internet. Par exemple, ce soir et bien que l’on soit dimanche, j’ai dĂ©jĂ  rĂ©pondu Ă  six personnes... dont une jeune adolescente hospitalisĂ©e.

Comment les psychiatres vous perçoivent-ils ?
Au dĂ©but, il y a eu beaucoup de paroles de dĂ©couragement de psychiatres qui me disaient : « Votre dĂ©marche est utopique car aucun pĂ©dophile ne va sortir de l’ombre avant le passage Ă  l’acte. » Les thĂ©rapies sont nĂ©cessaires voire souvent indispensables, malheureusement bien souvent inadaptĂ©es ou inutiles. J’ai constatĂ© beaucoup de lacunes Ă  ce sujet. Je rĂ©pĂšte Ă  l’envi que la pĂ©dophilie ne relĂšve pas de la psychiatrie : il s’agit d’une orientation sexuelle envers les enfants, et en aucun cas d’une maladie qui se soigne ! Une vĂ©ritĂ© dĂ©rangeante qui m’a valu quelque hostilité 
Lors d’un congrĂšs sur « les agresseurs sexuels », je me souviens d’un homme qui a voulu poser une question en commençant par dire qu’il n’était concernĂ© ni par les mĂ©decins, ni par la loi, ni mĂȘme victime. Tout le monde a compris qu’il Ă©tait vraisemblablement pĂ©dophile. Le psychiatre qui prĂ©sidait la sĂ©ance ainsi que le modĂ©rateur ont refusĂ© de lui donner la parole sous prĂ©texte qu’il refusait de dĂ©cliner son identitĂ©! Quand je leur ai demandĂ© pourquoi ils ne l’avaient pas laissĂ© s’exprimer, le psychiatre m’a rĂ©- pondu : « Latifa, ne te fĂąche pas et n’essaye pas d’expliquer ta dĂ©marche; tu es trop en avance sur le systĂšme et personne ne com- prendra ton action. »

Mais vous semblez gagner en crĂ©dibilité 
Oui, de plus en plus de psychiatres, psychanalystes, sexologues, psychothĂ©rapeutes, magistrats, journalistes et universitaires se tournent vers moi parce qu’ils dĂ©couvrent que cette mĂ©thode s’avĂšre trĂšs complĂ©mentaire. Je viens de raccrocher avec un mĂ©decin femme qui veut m’adresser une patiente victime de viol et suicidaire. Elle m’a demandĂ© quelles Ă©taient les conditions pour bĂ©nĂ©ficier de mon aide. Je lui ai rĂ©pondu : « Il n’y a pas de condition, c’est gratuit. »

© 2014, Nexus Magazine n°91 (mars-avril 2014), Sylvie Gojard



 

Comment prévenir la pédophilie

9 janvier 2014

Illustration : L'association "L'Ange bleu" aide les pédophiles
Ă  ne pas passer Ă  l'acte. (Olivier Marboeuf)

Comme Romain, qui nous a accordé son témoignage, les pédophiles "abstinents" sont attirés par les enfants mais luttent contre leurs pulsions. Une association les aide à ne pas franchir la ligne rouge.

Ils fantasment en secret sur les enfants, mais ne les agressent pas. Parfois mĂȘme ils vivent en couple, ont des rapports sexuels avec des adultes. Ce sont les pĂ©dophiles dits "abstinents". "La formule a le mĂ©rite d'ĂȘtre expressive, observe le professeur Roland Coutanceau, psychiatre (1). Dans le champ social, 'pĂ©dophile' signifie 'passage Ă  l'acte'. Or certains ne le sont que fantasmatiquement, et ce fantasme est bien plus rĂ©pandu qu'on ne l'imagine." Comment font-ils pour ne pas franchir la ligne rouge de l'attouchement ou du viol ? "Leur structure mentale, leurs interdits moraux et leur Ă©ducation les en empĂȘchent." Psychologue clinicienne Ă  Paris, InĂšs Gauthier en reçoit dans son cabinet. "Plus les pulsions sont verbalisĂ©es, moins le risque de passage Ă  l'acte est grand", assure-t-elle.

Alors que les pédophiles condamnés ont droit à un suivi spécifique, les pédophiles abstinents ne bénéficient d'aucune structure préventive, contrairement à ce qui se passe en Allemagne depuis huit ans. Outre-Rhin, le programme baptisé Dunkelfeld (2) propose une aide psychiatrique anonyme et gratuite. En France, l'an dernier, le député UMP Etienne Blanc, auteur d'un rapport sur le suivi des auteurs d'infractions à caractÚre sexuel, s'est prononcé pour la mise en place d'un numéro vert d'écoute. L'idée n'a pas fait son chemin. "L'essentiel des crédits va dans la répression ", déplore-t-il.
?Seule une association, L'Ange bleu, mÚne une action à contre-courant. Sa présidente, Latifa Bennari, violée de 5 à 14 ans, est, depuis quinze ans, à l'écoute des pédophiles. Ces derniers font face à des victimes dans des groupes de parole qu'elle organise, sans grands moyens financiers. "La pédophilie est une inclination non choisie, qui fait souffrir les personnes concernées. Il fallait créer un lieu de confiance", dit-elle.

Romain (les prénoms ont été modifiés), 35 ans, pÚre de famille, a été condamné à de la prison avec sursis pour téléchargement de vidéos pédopornographiques. "Ce n'est pas un prédateur sexuel, affirme sa psychologue. Il s'est réfugié dans la pédophilie pour faire face au stress. Les images lui servent de stimulus pour se décontracter, mais il a conscience que c'est tout à fait inadapté. C'est une forme d'addiction." Romain raconte ici comment il est tombé dans cet engrenage. Témoignage.

"J'ai dĂ©couvert la sexualitĂ© Ă  10 ans, avec un camarade de mon village. Lui en avait 15. On revenait de la piscine. Dans la 2CV de ma mĂšre, il m'a dit tout bas : 'En rentrant je vais me masturber.' Plus tard, il m'a montrĂ© comment on faisait. Ca m'a mis en Ă©moi. A la mĂȘme Ă©poque, je suis tombĂ© sur des cassettes vidĂ©o et des revues porno que gardait mon pĂšre dans un placard. Au cours de l'Ă©tĂ©, on s'est masturbĂ©s avec mon camarade. Au collĂšge avec les copains, on faisait beaucoup de blagues, de jeux Ă  connotation sexuelle. Ca me stimulait.

J'avais beau avancer en ùge, les garçons qui m'attiraient avaient toujours entre 8 et 14 ans. Au lycée, je n'ai eu qu'un flirt d'à peine un mois avec une fille. Etudiant, je ne cherchais pas à sortir avec des filles, ni avec des hommes, d'ailleurs. Seuls les petits garçons me faisaient fantasmer. Je m'étais constitué un trésor de guerre, une mallette dans laquelle j'avais accumulé les récits de mes fantasmes et des photos d'enfants nus, tirés de la revue naturiste "Jeune et naturel", en vente libre à l'époque, car les poses n'étaient pas sexuelles.

J'ai rencontrĂ© Sonia (les prĂ©noms ont Ă©tĂ© modifiĂ©s), ma future femme, Ă  la fac. C'est elle qui a voulu sortir avec moi. Sur le coup, j'ai refusĂ©, j'avais peur. J'ai cĂ©dĂ© au bout de six mois. A 22 ans, pour la premiĂšre fois de ma vie, j'avais des relations sexuelles. Je ne pensais plus aux enfants nus. Un soir, j'ai retrouvĂ© Sonia en pleurs. Elle Ă©tait tombĂ©e sur la mallette. Elle ne voulait plus entendre parler de moi. Moi, j'avais trouvĂ© un Ă©quilibre avec elle et je ne voulais pas que notre relation s'arrĂȘte. Elle a acceptĂ© de continuer Ă  condition que j'aille voir un psy. J'ai pris le premier venu dans les pages jaunes. MĂȘme s'il m'a permis de faire ressortir l'histoire du garçon qui m'avait initiĂ© Ă  la sexualitĂ©, je n'ai jamais progressĂ©. Lorsque j'ai mis un terme Ă  la thĂ©rapie, il m'a prĂ©venu : "Si vous arrĂȘtez, vous savez que ça peut revenir."

Je me suis mariĂ© avec Sonia en 2003. Notre fille est nĂ©e dans la foulĂ©e. Lors de son tout premier bain, je me disais : "Comment vais-je rĂ©agir ?" Tout s'est bien passĂ©. Mais j'avais besoin de voir des images d'enfants nus. Internet a remplacĂ© la mallette. Avec la plateforme de tĂ©lĂ©chargement eMule, je trouvais tous les films pĂ©dopornographiques que je voulais, je savais quels mots-clĂ©s taper. Lorsque j'ai appris que j'allais ĂȘtre pĂšre d'un garçon, ça a recommencĂ© Ă  me travailler sec. A sa naissance, j'ai plongĂ© dans une pĂ©riode d'addiction. Je me suis mis Ă  tĂ©lĂ©charger comme un malade. J'attendais que ma femme et les enfants soient couchĂ©s. Seul en bas, dans mon bureau, je regardais des vidĂ©os. Une fois que j'avais Ă©jaculĂ©, je me sentais coupable, honteux. Je me disais :"T'es qu'un salaud." J'effaçais tout. Jusqu'Ă  ce que l'envie me reprenne.

Le 21 mai 2012, à 6h45 du matin, on a sonné à la porte. "Bonjour, c'est la police." Un policier a pris ma femme à part : "On est là pour des faits de téléchargement de fichiers pédopornographiques." Là, la vie s'écroule. La garde à vue a duré trente -six heures, j'ai reconnu les faits. On m'a interdit d'entrer en contact avec des mineurs dans le cadre de mon travail, mais j'avais le droit de voir mes enfants.

J'ai repris le chemin du bureau, difficilement. J'ai prévenu mes associés. Ils m'ont demandé de quitter la boßte. J'ai pris une grosse claque. Le procÚs a eu lieu deux mois plus tard. Le juge m'a reconnu coupable d'importation, de détention et de diffusion d'images pédopornographiques car, avec le logiciel eMule, on partage le contenu de son disque dur avec d'autres internautes. J'ai écopé de dix- huit mois de prison avec sursis, avec obligation de soins. J'ai démissionné, récupéré mes parts et je suis parti. Quand je me suis retrouvé sans rien faire à la maison, avec ma femme, ça a été trÚs dur.

Un chef d'entreprise a fini par me recruter. "Seul Dieu est capable de te juger", m'a-t-il dit. A la maison, ça allait de mieux en mieux. Il y a quand mĂȘme eu un clash le jour oĂč Sonia a dĂ©couvert que je regardais des films porno, adultes et hĂ©tĂ©rosexuels cette fois. AprĂšs un an sans rapports, on a recommencĂ© Ă  se faire des cĂąlins. Reprendre une vie intime n'a pas Ă©tĂ© simple. Cet Ă©tĂ©, Sonia m'a mĂȘme lĂąchĂ© : "Je ne suis plus sĂ»re d'ĂȘtre amoureuse."

On peut vivre avec la pĂ©dophilie sans passer Ă  l'acte. Je m'y suis laissĂ© prendre en Ă©crivant mes fantasmes. Ensuite, il y a eu les photos d'enfants nus, puis je suis tombĂ© dans l'engrenage de la pĂ©dopornographie. L'Ă©tape d'aprĂšs, ç'aurait pu ĂȘtre le passage Ă  l'acte. Heureusement, une barriĂšre m'en a toujours empĂȘchĂ©. Mon exutoire pour ne pas toucher d'enfants, c'Ă©tait de leur voler des objets, un slip de bain Ă  la plage par exemple. Jamais il ne m'est venu Ă  l'esprit de toucher mon fils. Je l'habille tous les matins, je lui donne le bain, il est nu mais ça ne m'attire pas du tout.

Selon ma nouvelle psy, je n'ai pas le profil d'un homosexuel. J'ai eu un blocage dans mon dĂ©veloppement sexuel et je suis restĂ© fixĂ© sur les petits garçons. Je suis en phase de sevrage. DĂšs que ça va mal, c'est la premiĂšre chose qui me vient en tĂȘte. GrĂące Ă  l'association L'Ange bleu, j'ai rencontrĂ© d'autres pĂ©dophiles abstinents. J'ai eu l'impression d'ĂȘtre moins seul, car j'ai besoin de verbaliser, surtout pas d'enfouir ce qui s'est passĂ©. Je me suis rachetĂ© un ordi. Je ne tĂ©lĂ©charge plus aucune image d'enfant. Mon PC reste clean."

(1) Auteur de "Blessures de l’intimitĂ©" (Editions Odile Jacob, 2010).
(2) Voir "le Monde" du 1er juillet 2013.

© 2014, Le Nouvel Observateur, BĂ©rĂ©nice Rocfort-Giovanni - 9 janvier 2014



 

Tous Ă  vos postes ce 1er octobre sur France 5 !

13 septembre 2013

Latifa Bennari sera invitĂ©e sur le plateau de l'Ă©mission "Le magazine de la santĂ© / EnquĂȘte de santĂ©" de France 5 le 1er octobre 2013 Ă  20h30

Elle s'exprimera dans le cadre de cette émission consacrée au thÚme de la pédophilie parmi les invité sur les observations de terrain faites dans le cadre de son action et les progrÚs restant à réaliser en France pour combattre et surtout prévenir efficacement cette atteinte particuliÚre du genre humain.

Tous Ă  vos postes !



 

PĂ©dophiles : qui sont-ils ?

13 mars 2013

PĂ©dophiles : qui sont-ils ?

Qui sont ces hommes (et parfois ces femmes), d’apparence tranquille, qui du jour au lendemain deviennent des monstres aux yeux de la sociĂ©tĂ© ? PĂ©dophiles abstinents ou dĂ©linquants sexuels ? Explications.

Vendredi 8 mars. Un directeur d’école est mis en examen Ă  Saint-Malo en Ille-et-Vilaine et placĂ© en dĂ©tention provisoire pour des agressions sexuelles commises sur trois de ses Ă©lĂšves ĂągĂ©s de 8 Ă  9 ans. ÂgĂ© de 29 ans, il travaillait depuis trois ans Ă  l’école publique de Meillac oĂč deux de ses victimes sont scolarisĂ©es. La troisiĂšme vient d’un autre Ă©tablissement oĂč l’instituteur enseignait antĂ©rieurement. « Au cours de sa garde Ă  vue, il a Ă©tĂ© entendu sur un autre fait dĂ©noncĂ© en 2010 par un jeune Ă©lĂšve de CP pour des agressions prĂ©sumĂ©es datant de 2007-2008 «, a indiquĂ© le Procureur de la RĂ©publique de Saint-Malo. L’enquĂȘte n’avait alors pas permis d’aboutir Ă  la mise en cause de l’enseignant.

Un autre cas Ă  Reims

Deux jours plus tĂŽt, c’est le directeur d’une Ă©cole maternelle Ă  Reims (Marne) qui a Ă©tĂ© mis en examen pour des « agressions sexuelles » commises sur des jeunes Ă©lĂšves. Les victimes, au nombre de sept, seraient ĂągĂ©es de 3 Ă  4 ans. L’auteur prĂ©sumĂ© des faits a Ă©tĂ© placĂ© sous contrĂŽle judiciaire avec l’interdiction d’entrer en contact avec des mineurs, avant d’ĂȘtre remis en libertĂ©. Suite Ă  ces deux cas, la rĂ©daction de PsychoEnfants s’est interrogĂ©e sur les raisons qui poussent ces hommes Ă  de tels actes.

Pour rĂ©pondre Ă  nos questions, Latifa Bennari, fondatrice et prĂ©sidente de L’Ange Bleu, une association de prĂ©vention et d’information concernant la pĂ©dophilie.

PsychoEnfants : Tout d’abord, qu’est ce que la pĂ©dophilie ?


Latifa Bennari : Le terme " pĂ©dophilie " dĂ©signe l’attirance sexuelle ou amoureuse rĂ©currente inclinĂ©e vers les enfants prĂ©pubĂšres (avant 13 ans gĂ©nĂ©ralement) d’une façon figĂ©e, fixĂ©e. Le terme " pĂ©dophile " dĂ©signe une personne attirĂ©es sexuellement par les enfants prĂ©pubĂšres sans passage Ă  l’acte forcĂ©ment. La pĂ©dophilie n’est pas synonyme de viols comme on a tendance Ă  le croire. Beaucoup de pĂ©dophiles (la majoritĂ©) qui sollicitent l’association l’Ange Bleu sont abstinents. Si l’orientation sexuelle pĂ©dophilique n’est pas un choix, le passage Ă  l’acte semble ĂȘtre un choix pour cette catĂ©gorie de pĂ©dophiles.

P.E : Les pédophiles sont-ils uniquement des hommes ?

L.B : A ma connaissance, la pĂ©dophilie au sens Ă©tymologique du terme, touche exclusivement les personnes masculines (homme et adolescents). L’expĂ©rience de plus de 30 ans de terrain avant la crĂ©ation de l’association de l’Ange Bleu auprĂšs des dĂ©linquants sexuels et de 14 ans supplĂ©mentaires depuis la crĂ©ation m’a permis d’avoir des bases de donnĂ©es exhaustives sur cette question trĂšs erronĂ©e. Car, il faut noter que tous les pĂ©dophiles ne sont pas des dĂ©linquants sexuels et que tous les dĂ©linquants sexuels ne sont pas pĂ©dophiles au sens propre du terme. Il existe statistiquement une catĂ©gorie de femmes dĂ©linquantes sexuelles Ă  l’égard des enfants ou complices d’abus sexuels ou de viols dont le nombre est bien infĂ©rieur aux hommes dĂ©linquants. Cependant, cette catĂ©gorie s’inscrit dans le mĂȘme registre que les hommes hĂ©tĂ©rosexuels ou homosexuels sans tendance pĂ©dophilique.

P.E : Comment se développe la pédophilie ?

L.B : La pĂ©dophilie se dĂ©veloppe gĂ©nĂ©ralement et majoritairement Ă  l’adolescence dĂšs l4 et 15 ans. L’initiation sexuelle prĂ©coce chez les garçons quelques que soient l’auteur (adolescent, adulte, femme, homme) est un des facteurs le plus rĂ©pandu dans le dĂ©veloppement des attirances pĂ©dophiliques. Cependant, d’autres facteurs peuvent ĂȘtre Ă  l’origine de la genĂšse pĂ©dophilique Ă  savoir la carence affective, la pornographie Ă  un Ăąge prĂ©coce.

P.E : Existe-t-il un profil « type » de pédophile ?

L.B : Il n’existe pas de profil type de pĂ©dophile et pas plus de critĂšres spĂ©cifiques Ă  cette orientation sexuelle dĂ©viante. La pĂ©dophilie touche toutes les souches, professionnelles, religieuses et culturelles.

P.E : Qu’est-ce qui pousse un individu à faire de tels actes ?

L.B : Le manque de contrĂŽle lors d’une excitation est un trouble occasionnel ou permanent qui touche toutes les catĂ©gories d’orientation sexuelle ; Les pĂ©dophiles ne sont pas les seuls Ă  ressentir des pulsions sexuelles incontrĂŽlables. L’excĂšs de testostĂ©rone est un autre facteur de manque de contrĂŽle et lorsqu’il touche des pĂ©dophiles, les enfants deviennent malheureusement la cible de dĂ©rapage ou d’agression sexuelle.

P.E : S’agit-il d’un trouble psychologique ou d’une vraie pathologie mentale ?

L.B : Ni l’un ni l’autre. Il s’agit d’une attraction sexuelle inclinĂ©e vers les enfants prĂ©pubĂšres. Comme je l’ai expliquĂ©, la pĂ©dophilie est une orientation sexuelle qui se gĂšre et qui Ă©volue mais qui ne se soigne pas. En revanche, les attirances pĂ©dophiliques peuvent gĂ©nĂ©rer des pathologies psychiques comme : la phobie sociale, les tocs, la dĂ©pression, la paranoĂŻa, la schizophrĂ©nie, la maladie psychotique etc.

P.E : Les pĂ©dophiles ont-ils eux-mĂȘmes Ă©tĂ© victimes ?

L.B : C’est l’un des nombreux facteurs gĂ©nĂ©rateurs. Mais le dĂ©nominateur commun de la majoritĂ© rĂ©side dans le plaisir sexuel prĂ©coce conscient ou inconscient chez les garçons. Heureusement pour les enfants que cette thĂšse ne concerne pas toutes les victimes d’abus sexuels ou de viols notamment chez les garçons dont les risques sont plus probants.

P.E : Qu’est-ce qui dĂ©termine le passage Ă  l’acte ?

L.B : Toutes relations sexuelles avec des mineurs moins de 15 ans imposĂ©es ou consenties. Cependant, j’ai connaissance de plus en plus de cas de cas de relation sexuelle entre adolescents et adolescentes voire enfants prĂ©pubĂšres consentants. La consommation de la pĂ©dopornographie est de plus en plus banalisĂ©e et constitue un grand risque pour le dĂ©veloppement psychosexuel des mineurs. Le comportement sĂ©ducteur et vestimentaire tendancieux chez les mineurs constitue un rĂ©el risque de passage Ă  l’acte. Depuis quelques annĂ©es les enfants sont exposĂ©s Ă  une sexualitĂ© excessive, accessible et inadaptĂ©e. L’impact de cette sexualitĂ© sans repĂšres ou sous couvert d’une Ă©ducation sexuelle a souvent des rĂ©percussions nĂ©gatives dans l’avenir des enfants dits " prĂ©coces ".

Plus d'informations sur le site de l'association: http://www.ange-bleu.com/

© 2013, Psycho Enfants - 18 mars 2013



 

Comment rompre avec la délinquance ?

Slate, le 14 février 2013



La désistance est la démarche qui consiste à abandonner un parcours délinquant ou criminel. En étudiant les itinéraires de délinquants «repentis», des chercheurs ont décelé plusieurs éléments déclencheurs favorisant la désistance. De quoi alimenter le débat actuel sur la lutte contre la récidive.

« La France manque d’approches scientifiques dans le domaine de la dĂ©linquance. » Pour Martine Herzog-Evans, professeur de droit Ă  l’universitĂ© de Reims, «cela autorise nos politiques de tous bords Ă  croire en la toute-puissance du droit pour lutter contre le crime et Ă  dĂ©finir celui-ci sur la seule base des idĂ©ologies ou idĂ©es du moment» [1].

Cette approche scientifique, qui manque Ă  la France, consiste Ă  analyser et comprendre non seulement l’entrĂ©e, mais Ă©galement les sorties de la dĂ©linquance. Ces sorties, appelĂ©es dĂ©sistance sont une autre forme de lutte contre la dĂ©linquance, fondamentale.

Sortir de la bande

Yazid Kherfi est un ancien délinquant récidiviste qui a fait plusieurs années de prison (cinq en tout), à la suite de nombreux cambriolages. Ce pÚre de famille d'une cinquantaine d'années milite aujourd'hui à Mantes-la-Jolie auprÚs de jeunes en difficulté pour la prévention de la délinquance. Dans son livre «Repris de justesse» Yazid Kherfi raconte sa «reconversion».

AprĂšs 15 annĂ©es de dĂ©linquance et cinq incarcĂ©rations, Yazid, de nationalitĂ© algĂ©rienne, est sous la menace d’une expulsion Ă  sa derniĂšre sortie de prison. Il est surpris de voir se constituer un comitĂ© de soutien autour de lui, comptant un certain nombre de personnalitĂ©s, dont le maire de Mantes la Jolie. Il explique dans une interview tĂ©lĂ©phonique :

«Les gens disaient que je n’étais pas un irrĂ©cupĂ©rable, que j’avais du potentiel. Cela m’a beaucoup touchĂ©. C’était la premiĂšre fois qu’on disait de moi que j’étais quelqu’un de bien. Pour faire plaisir Ă  ces gens-lĂ , j’ai dĂ©cidĂ© de devenir honnĂȘte.»

Aujourd’hui, Yazid Kherfi anime des dĂ©bats entre jeunes et policiers (dont il dĂ©plore l’absence trop frĂ©quente) et donne Ă©galement des cours Ă  l’universitĂ© Paris X sur les politiques de prĂ©vention et de sĂ©curitĂ©. Dans ses bagages, il a notamment un DESS en IngĂ©nierie de la sĂ©curitĂ© obtenu Ă  l’Institut des hautes Ă©tudes de la sĂ©curitĂ© intĂ©rieure!

Comment devient-on délinquant ?

Quelles sont les raisons qui peuvent amener un jeune Ă  rentrer dans un groupe dĂ©linquant? Pour Yazid Kherfi, «la bande joue d’abord un rĂŽle de substitution Ă  la famille». L’entrĂ©e dans la bande fait souvent suite Ă  un sentiment de malaise et d’insĂ©curitĂ© dans son propre milieu familial.

«Quand tu te sens rejetĂ©, pas reconnu dans ta famille, quand il n’y a pas de dialogue, tu as tendance Ă  prĂ©fĂ©rer la bande Ă  ta famille. La bande, c’est comme un mĂ©dicament, c’est l’endroit oĂč tu es reconnu, aimĂ©. Elle te protĂšge, elle t’empĂȘche aussi de te mettre Ă  picoler ou de te suicider.»

L’entrĂ©e dans la dĂ©linquance est souvent le rĂ©sultat d’échecs multiples (scolaires, affectifs, familiaux,..). Des problĂšmes de santĂ© mentale, la prĂ©caritĂ© financiĂšre, l’absence de logement peuvent s’y ajouter.

Nouvelles cellules

Comment sortir de la bande dans ce contexte? John Laub et Robert Sampson, deux sociologues amĂ©ricains, ont pu dĂ©terminer des Ă©lĂ©ments dĂ©clencheurs (des moments charniĂšres) susceptibles d’amener un ancien dĂ©linquant Ă  changer de vie. Dans une Ă©tude publiĂ©e en 2001, ils Ă©voquent principalement trois facteurs: tout d’abord, l’entrĂ©e en vie de couple, la fondation de sa propre famille.

Pour Jacques Lecomte, psychologue et prĂ©sident de l’association française de psychologie positive, l’incitation «tu choisis: c’est ou moi ou tes copains», qu’une femme peut lancer Ă  son compagnon est souvent dĂ©cisive dans ce processus.

Le deuxiĂšme Ă©lĂ©ment est le travail, et plus particuliĂšrement les relations positives Ă©tablies dans ce cadre-lĂ . «C’est notamment une relation constructive avec un supĂ©rieur sur un modĂšle paternaliste qui peut amener une personne Ă  changer», affirme Jacques Lecomte. Avoir un travail rĂ©gulier ne serait donc pas en soi un facteur suffisant. Ce qui peut amener quelqu'un Ă  changer de trajectoire, c'est l'Ă©panouissement personnel et la construction identitaire Ă  travers ce support.

Volontarisme

Puis finalement, il y a ceux qui vont prendre une dĂ©cision radicale: «changer de vie», revenir vers ses propres valeurs positives, ce que le sociologue Walter Gove nomme «glissement d’un Ă©gocentrisme vers un intĂ©rĂȘt pour les autres».

Parfois, il y a mĂȘme un virage Ă  180°: passer de la dĂ©linquance Ă  un engagement social fort auprĂšs d'autres personnes en difficultĂ©. La littĂ©rature regorge d’exemples de ce style. Comme celui de Tim Guenard. Son autobiographie, «Plus fort que la haine», raconte sa vie marquĂ©e par une enfance difficile: une mĂšre qui l'abandonne, un pĂšre qui le maltraite. Vient ensuite un temps d'errance et de dĂ©linquance Ă  l'adolescence (il commet des vols, dort dans un garage Ă  vĂ©los). Puis une juge le prend en charge et l'encourage Ă  choisir une autre voie. Il entame un CAP de sculpteur qu'il rĂ©ussit. Puis, il s'engage comme bĂ©nĂ©vole auprĂšs de personnes handicapĂ©es mentales. Il se convertit au catholicisme. Il est aujourd'hui apiculteur et accueille des jeunes en difficultĂ©s dans sa maison dans le Sud-Ouest de la France.

D'autres exemples encore (Patrick Henderickx ou Abdel Sellou, véritable nom du personnage de Driss, incarné par Omar Sy dans Intouchables) montrent des vies marquées par une enfance difficile, un temps d'errance et de délinquance à l'adolescence avant de rebondir pour s'engager dans une toute autre voie: le militantisme social, les études, la musique, l'écriture....

Des profils criminels différents

Pour Fergus McNeill, professeur de criminologie Ă  l’universitĂ© de Glasgow, les trois critĂšres Ă  prendre en compte pour enrayer la dĂ©linquance sont: la motivation, la capacitĂ© et l’opportunitĂ©. «Augmenter la motivation implique un rĂŽle de conseil, augmenter la capacitĂ© ou capital humain implique un rĂŽle Ă©ducatif, augmenter les opportunitĂ©s ou capital social implique un rĂŽle de dĂ©fenseur et de mise en rĂ©seau d’alliĂ©s autour de la personne.»

Si cela donne des pistes de travail aux agents de probation pour accompagner les «petits dĂ©linquants», ces orientations suffisent-elles pour lutter contre la grande criminalitĂ©? En effet, les crimes pulsionnels par exemple (comme les actes de violence, les violences conjugales ou sexuelles) semblent davantage liĂ©s Ă  des facteurs internes (personnalitĂ©) qu’aux problĂšmes d’exclusion sociale. Les grands criminels sont-ils pour autant «irrĂ©cupĂ©rables»?

Crimes sexuels

Latifa Bennari, prĂ©sidente de l’association Ange Bleu qui regroupe des victimes d’abus sexuels, se bat contre cette conception. Bien qu’étant elle-mĂȘme une ancienne victime, elle parcourt aujourd’hui la France entiĂšre pour soutenir des pĂ©dophiles condamnĂ©s ou «abstinents» qui veulent s’en sortir. Son objectif, explique-t-elle Ă  Slate.fr: Ă©viter le passage Ă  l’acte des pĂ©dophiles «abstinents», conscients de leur attirance pour les enfants sans pour autant passer Ă  l’acte.

Latifa Bennari dĂ©nonce l’absence de mesures de prĂ©vention pour cette catĂ©gorie de personnes (qui pourtant, selon elle, reprĂ©sente la grande majoritĂ© des personnes pĂ©dophiles). Au sein de son association, elle organise des groupes de parole oĂč pĂ©dophiles et victimes se rencontrent. Un reportage rĂ©alisĂ© par LCP sur son action montre toute la difficultĂ© d'imposer le dĂ©bat avec ces personnes encore souvent jugĂ©es «irrĂ©cupĂ©rables». Ces rencontres servent pourtant parfois d’électrochoc aux personnes pĂ©dophiles. Entendre le tĂ©moignage des victimes leur permet de prendre conscience de la gravitĂ© des actes commis. Provoquer le dĂ©bat entre victimes et agresseurs, dĂ©diaboliser les pĂ©dophiles, c'est par ces moyens que Latifa Bennari entend lutter contre la rĂ©cidive.

Repenser la politique pénale en France

AprĂšs dix annĂ©es de politiques pĂ©nales centrĂ©es sur la rĂ©pression en France (augmentation des incarcĂ©rations, de la durĂ©e moyenne de dĂ©tention), des voix s’élĂšvent pour rĂ©clamer le recours Ă  des peines alternatives: «Il faut repenser la politique pĂ©nale en France en s’appuyant sur ce qui marche ailleurs» selon Alain Blanc, magistrat et prĂ©sident de l’association française de criminologie.

Blanc, qui dĂ©nonce le recours systĂ©matique Ă  la prison, est cosignataire d’un manifeste intitulĂ© «Pour une peine juste et efficace», qui s’appuie notamment sur des expĂ©riences menĂ©es dans des pays anglo-saxons. Il prĂ©cise :

«Il ne s’agit pas d’importer les solutions proposĂ©es par d’autres pays issues d’un contexte culturel tout Ă  fait diffĂ©rent, mais de s’en inspirer.»

Les signataires du manifeste (chercheurs, magistrats, avocats et conseillers d’insertion) proposent de limiter le recours Ă  la prison aux cas les plus graves et de dĂ©velopper des peines de probation en dehors des murs de la prison pour certains dĂ©lits. Objectifs: rĂ©intĂ©grer socialement le dĂ©linquant et prĂ©venir la rĂ©cidive Ă  l’aide d’un suivi renforcĂ©. «Il faut identifier les causes de la dĂ©linquance au moment du jugement, ne pas se contenter de les mettre en prison», selon Alain Blanc.

RĂ©insertion

Mais ces nouvelles peines de probation ne risquent-elles pas d'ĂȘtre moins dissuasives que la prison? On ne parle plus de sanction, mais uniquement d'aide Ă  la rĂ©insertion. Est-ce que cela suffit?

Les expériences menées en Grande Bretagne, au Canada, aux Pays Bas et en SuÚde auprÚs de personnes condamnées semblent le démontrer en tout cas. Les mesures de suivi expérimentées dans ces pays ont permis de diminuer la récidive de façon significative. Ainsi, des programmes cognitivo-comportementaux au Canada ont par exemple permis de réduire les taux de récidive de 30% à 60%.

Ces programmes qui s’intĂ©ressent aux processus de pensĂ©e et comportements dĂ©linquants se prĂ©sentent sous forme de groupes de paroles et entretiens individuels. Leur but: apprendre Ă  gĂ©rer ses Ă©motions, Ă  rĂ©soudre ses problĂšmes, Ă  communiquer. Ils peuvent se faire en milieu fermĂ© ou en milieu ouvert, mais semblent plus efficaces en dehors des murs de la prison.

Lutter plus efficacement contre la rĂ©cidive passe donc Ă©galement par un renforcement du suivi du condamnĂ© en fonction de sa situation et de sa motivation Ă  rompre avec la dĂ©linquance. Comprendre la dĂ©linquance ne veut pas dire la minimiser, ni l’excuser. Cette approche semble au contraire nĂ©cessaire pour mieux la combattre. Pour Fergus McNeill, la dĂ©marche de rupture avec la dĂ©linquance peut ĂȘtre considĂ©rĂ©e en soi comme une forme de rĂ©paration de la faute commise.

Marc Oeynhausen

[1] Martine Herzog-Evans, Fergus McNeill et al.: «Dossier: Désistance, la face criminologique de la réinsertion», Actualité juridique pénale, n°9 (2010).

© 2013, Slate, Marc Oeynhausen - 14 fĂ©vrier 2013
Source

 

"Innocence bafouée", documentaire sur France 3 du 27 mars 2012

27 mars 2012

Le mardi 27 mars sur France 3 a été diffusé le reportage "Innocence bafouée" que vous pourrez revoir ici en streaming à cette adresse

Synopsis


Les médias évoquent ouvertement les affaires de pédophilie mais on ne s'interroge que rarement sur le devenir des victimes. La documentariste Réjane Varrod rencontre Latifa, Gladys et Catherine. Toutes racontent le long et difficile chemin à parcourir pour une existence harmonieuse. Comment se construisent-elles en tant qu'adultes ? Autour d'elles, dans la région, personne ne veut plus parler de l'affaire. L'écrivain Jean-Yves Cendrey témoigne. Il raconte de quelle maniÚre il a mis fin à la loi du silence face aux agissements de l'instituteur de l'école.

(Lire également la critique de Télérama)

© 2012, France 3 Productions, RĂ©jane Varrod



 

Sur LCP ce dimanche : "PĂ©dophilie : de la pulsion Ă  l’interdit"

15 septembre 2011

PĂ©dophilie : de la pulsion Ă  l’interdit
sur LCP, dimanche 18 septembre Ă  15 heures


Ce documentaire a commencĂ© par ma rencontre avec un homme pĂ©dophile, dĂ©sireux de tĂ©moigner Ă  visage dĂ©couvert. C’était en avril 2009. Badr Eddine voulait me raconter comment sont nĂ©es ses attirances sexuelles pour les fillettes et surtout, comment il les combat. Il est ce qu’on appellerait un pĂ©dophile abstinent. Il n’a jamais touchĂ© un enfant. Il a lui-mĂȘme Ă©tĂ© violĂ© Ă©tant enfant. Il pense que la sociĂ©tĂ© devrait aider les ĂȘtres humains attirĂ©s par les mineurs Ă  ne jamais passer Ă  l’acte, dans l’intĂ©rĂȘt des enfants.

Depuis, j’ai rencontrĂ© une dizaine de pĂ©dophiles, des mĂ©decins, des psychiatres, j’ai assistĂ© aux sĂ©ances de psychothĂ©rapie collective de la psychologue Joanna Smith ou individuelle du docteur Christiane de Beaurepaire. J’ai suivi le travail de Latifa Bennari, prĂ©sidente de l’association l’Ange bleu, une ex-victime qui consacre sa vie Ă  l’écoute des victimes et des pĂ©dophiles et Ă  la prĂ©vention des passages Ă  l’acte.

Et j’ai compris que le dĂ©bat public sur la pĂ©dophilie est trĂšs mal posĂ©.

Saviez-vous que de tous les dĂ©tenus, les pĂ©dophiles sont ceux qui rĂ©cidivent le moins ? Les politiciens qui lient rĂ©cidive et pĂ©dophilie, prĂ©fĂšrent agiter la peur
 que d’essayer de rĂ©soudre les problĂšmes.

Car pendant qu’on empile les lois contre les rĂ©cidivistes, des milliers d’enfants sont victimes de premiers passages Ă  l‘acte. Or ces premiĂšres agressions, commises par des proches, laissent indiffĂ©rents
 Rien n’est fait pour les prĂ©venir. Rien n’est fait pour que les pĂ©dophiles abstinents ne deviennent pas des dĂ©linquants sexuels. Rien n’est fait pour protĂ©ger les enfants.

- Faut-il vraiment attendre qu’il ait fait une victime pour prendre en charge le pĂ©dophile alors que l’Allemagne les prend en charge dĂšs la premiĂšre pulsion ?
- Pourquoi ces hommes, qui sont presque tous d’anciennes victimes de maltraitance familiale ou de violence sexuelle, deviennent-ils à leur tour des agresseurs ?
- Comment les psychothĂ©rapies parviennent-elles Ă  briser l’engrenage et sauver des enfants ?
- Pourquoi la France tarde-t-elle à mettre en place des médiations ex-victime / ex-agresseur, qui ont pourtant fait leurs preuves au Canada ?


PĂ©dophilie : de la pulsion Ă  l’interdit
Un documentaire d’une heure, rĂ©alisĂ© par Xavier Deleu
Images : Clément Dudouet et Xavier Deleu
Son : Stéphane Mariot
Montage : Pierre Poyard
Musique originale : RĂ©my Souvay
Une production de l’agence DĂ©coupages – SĂ©golĂšne Fossard / LCP – Christophe Mouton

Rediffusions :
vendredi 30 septembre Ă  21 h 00
samedi 1er octobre Ă  01 h 00
mardi 4 octobre Ă  19 h 30

[Texte de présentation : Xavier Deleu]



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Pour tout contact Ă  propos de ce documentaire, vous pouvez joindre :
- Madame Bennari en lui Ă©crivant : latifa.bennari[at]gmail.com

 

DĂ©bat sur Beur FM : le tourisme sexuel au Maghreb

Vendredi 17 juin 2011

Ce jeudi sur Beur-FM, Latifa Bennari est intervenue dans ce débat organisé par la radio. Aux cÎtés de Madame Alébert, Présidente de l'ACPE (association contre la prostitution des enfants) et de Maßtre Jean Chevet, avocat en France de l'association "Touche pas à mon enfant", le sujet de l'émission Forum débat fait suite aux récentes déclarations de Luc Ferry sur Canal+.




 

Affaire de Niévroz : de la responsabilité du gouvernement

15 juin 2011

Devant l'évolution de l'affaire de l'enlÚvement récent de Niévroz, dans l'Ain, et notamment les réactions qu'elle n'a pas manqué de suciter, Latifa Bennari publie le texte suivant, analysant trÚs largement les causes profondes, qu'elles soient économiques, politiques ou techniques, dont on ne perçoit que rarement la portée. Elle y formule ses propositions, condamne l'innaction du gouvernement et ses choix oblitérant la compréhension du phénomÚne et les progrÚs de la lutte contre la maltraitance sexuelle des enfants, traite du rÎle des médias, tout en remettant en cause bien des croyances sur ces questions.

Télécharger le document...


 

Affaire Luc Ferry : pourquoi nous ne porterons pas plainte

07 juin 2011

Ce mardi 31 mai nous publions un communiquĂ© (1) dĂ©nonçant les dĂ©clarations de Luc Ferry dans un contexte innapropriĂ© puisqu'empruntant la tribune d'un plateau de tĂ©lĂ©vision de grande Ă©coute pour colporter ce qu'il faut bien nommer au stade oĂč nous en sommes des "bruits de couloir".

Nous rĂ©itĂ©rons aujourd'hui la condamnation de ce procĂ©dĂ© qui Ă  notre sens n'a pas grand rapport avec l'exercice de la citoyennetĂ© d'un ancien ministre de l'Education Nationale. MĂȘme si dĂ©clarĂ©s inconsciemment, ces propos en appelent d'une façon ou d'une autre au jugement populaire. Rappelons que de tels jugements avaient eu lieu dans l'Ancien RĂ©gime, aussi lui demandons Ă  l'avenir d'Ă©viter ce genre de posture, susceptible de les rĂ©animer.

La prestation de Mr Ferry n'a en effet pas manqué d'occasionner une semaine durante un véritable déferlement médiatique, que nous jugeons propice à s'opposer à la manifestation de la vérité dans ce type d'affaires. Sur un terrain miné par les affaires DSK et Tron, le nombre d'articles de presse, de commentaires, de discussions courantes en faisant mention témoigne d'une agitation teinté d'exaspération. Nous savons le poids de la pression publique sur l'issue de procÚs similaires en cours pour ne pas nous en inquiéter. Un tel emballement est toujours susceptible de brouiller les pistes dans l'esprit des gens. Cela vaut tant sur le sujet de la pédophilie et des abus sexuels à proprement parler qu'en terme politique pour les déclarations qui nous occupent.
Un phénomÚne qui - nous le soulignons - tend de plus à négliger des débats d'importance tels que la progression du chÎmage consécutif à la crise, le réchauffement climatique, et bien d'autres témoignant des mutations accélérées de notre société, desquels la population attend des réponses concrÚtes. En pareille circonstance, une telle vindicte pourrait bien s'avérer saper dangereusement la confiance de tous en nos institutions.

Dans l'état actuel, les contours de cette affaire demeurent flous. Nous ne disposons en effet d'aucun élément concret pour affirmer avec certitude si les faits évoqués par Mr Ferry ont été commis ou non. Comme nous ne connaissons ni le nom du coupable, ni le visage des victimes potentielles. C'est précisément en raison de la gravité des accusations et de l'incertitude qui plane autour d'elles que nous ne réagirons nullement pour soutenir un camp et condamner l'autre, en nous portant dans l'état actuel partie civile. Notre expérience démontre en effet que toute accusation prise à l'emporte-piÚce conduit souvent au drame, et tenons donc à éviter ce risque inutile.

N'aspirant qu'au rĂ©tablissement de la vĂ©ritĂ© dans le cadre d'une justice impartiale, digne et rĂ©publicaine, nous ne porterons donc pas plainte en tant qu'association de prĂ©vention contre la pĂ©dophilie dans le cadre de cette affaire, mais rĂ©itĂ©rons notre soutien envers les autoritĂ©s judiciaires dans le travail d'investigation qui s'est amorcĂ© au courant de la semaine, et souhaitons sincĂšrement que leur travail ne soit aucunement entĂąchĂ© de pressions externes, notamment par voies mĂ©diatiques. Quelle qu'elle soit, cette vĂ©ritĂ© recense sur l'heure dĂ©jĂ  des victimes, aussi celle-ci se doit d'ĂȘtre rĂ©tablie avec raison et discrĂ©tion.

Nous soulignons également que l'opportunité médiatique ne pouvait tomber mieux pour intéresser des personnes aux raisonnements manichéiques. Nos principes nous conduisent à condamner ces postures.
En demandant l'ouverture d'une information judiciaire, nous ne tenions nullement Ă  brandir la flamme de telles rĂ©ductions. Notre dĂ©marche vise au contraire Ă  rĂ©tablir la justice lĂ  oĂč le doute s'est immiscĂ© dans les consciences. Le combat des justes ne se trouve pas toujours lĂ  oĂč le pense.

Notre position initiale demeure intacte en ce qui concerne le comportement des personnes qui auraient Ă©tĂ© "mises au courant de faits criminels" : le contenu de telles dĂ©clarations se devaient en premier lieu d'ĂȘtre transmises aux autoritĂ©s afin de faire toute la lumiĂšre sur la rĂ©alitĂ© des faits. Non pas plusieurs annĂ©es aprĂšs, ni sur un plateau de tĂ©lĂ©vision, mais au moment mĂȘme de leur prise de connaissance. Seules les autoritĂ©s judiciaires sont en effet habilitĂ©es Ă  trancher le vrai du faux dans ce type d'affaire et c'est prĂ©cisĂ©ment en leur professionnalisme que nous devrions attribuer notre pleine et entiĂšre confiance.

Comprennons enfin que toute dénonciation prise sans recul contribue à contrecarrer d'importantes avancées en matiÚre de protection de l'enfance. La présomption d'innocence ne s'oppose pas à la protection des victimes, elle l'accompagne. Ce fondement du droit est constitutif de notre république, de cet état de droit dont nous jouissons tous. Aussi faut-il en toutes circonstances protéger cet acquis et pour ce, raison garder.

Pour approfondir le sujet et conclure ce prĂ©sent communiquĂ©, nous renvoyons toute personne intĂ©ressĂ©e Ă  la lecture du texte (2) rĂ©digĂ© ce vendredi 03 juin sur son blog par Serge Portelli, magistrat et vice-prĂ©sident du Tribunal de Paris, oĂč ces questions sont fort bien expliquĂ©es.

Association L'Ange Bleu
Latifa BENNARI, présidente : 06 71 61 60 51
MaĂźtre Bouzrou, avocat : 06 72 47 28 48


(1) Lire notre précédent communiqué
(2) http://chroniquedelhumaniteordinaire.blogs.nouvelobs.com/


 

DĂ©clarations de Luc Ferry : L'Ange Bleu demande l'ouverture d'une enquĂȘte

31 mai 2011

Nous faisons par la prĂ©sente suite aux dĂ©clarations de Luc Ferry lors de son invitation sur le plateau du Grand Journal de Canal+, mentionnant l'implication d'un ancien ministre dans une affaire d'abus sexuels sur mineurs qui auraient Ă©tĂ© commis Ă  Marrackech au Maroc. Selon les derniĂšres informations rapportĂ©es par la presse, ce ministre pourrait ĂȘtre Mr Jack Lang qui fit par le passĂ© l'objet de rumeurs en ce sens, comme le note le site ArrĂȘt sur Images(1).

Monsieur Ferry déclare que d'autres personnalités auraient été mises au courant de ces agissements, citant en particulier un premier ministre (2).

En la matiÚre, l'association rappelle la loi et en particulier le fait que toute personne ayant eu connaissance d'un crime commis sur le territoire national ou à l'étranger par un ressortissant de nationalité française a obligation d'en référer aux autorités judiciaires françaises. Ne pas effectuer cette démarche est considéré comme une entrave à la saisine de la justice. L'article 434-1 du Code Pénal stipule à cet effet :

"Le fait, pour quiconque ayant connaissance d'un crime dont il est encore possible de prĂ©venir ou de limiter les effets, ou dont les auteurs sont susceptibles de commettre de nouveaux crimes qui pourraient ĂȘtre empĂȘchĂ©s, de ne pas en informer les autoritĂ©s judiciaires ou administratives est puni de trois ans d'emprisonnement et de 45000 euros d'amende" (3)

Devant le droit pĂ©nal, une personnalitĂ© publique est soumise aux mĂȘmes rĂšgles que n'importe quel citoyen, en particulier lorsqu'il s'agit de crimes.

Aussi, Mr Ferry, autant que les personnes citĂ©es comme ayant eu connaissance de ces faits sont donc, dans le principe de cette loi, tenues de rĂ©vĂ©ler aux autoritĂ©s judiciaires l'identitĂ© de l'auteur et la nature des actes commis sous peine de poursuites. Et contrairement Ă  sa dĂ©claration nul ne peut ĂȘtre poursuivi pour avoir dĂ©posĂ© un signalement de cette nature comme il semble le craindre (4), qui plus est si ces faits sont avĂ©rĂ©s.

Le pouvoir des mĂ©dias ne peut en aucun cas se substituer Ă  celui des autoritĂ©s rĂ©galiennes, en cas de crime avĂ©rĂ© c'est l'autoritĂ© judiciaire qui doit ĂȘtre convoquĂ©e en prioritĂ©. Ce n'est donc pas sur les plateaux tĂ©lĂ© que la citoyennetĂ© de Mr Ferry doit s'exprimer, mais en saisissant un Procureur de la RĂ©publique dĂ»ment assermentĂ© pour traiter cette affaire.


Aussi, nous demandons l'ouverture d'une enquĂȘte judiciaire afin de faire toute la lumiĂšre sur cette affaire qui pourrait recenser - ne l'oublions pas - plusieurs victimes dans ce qu'on peut potentiellement nommer un rĂ©seau de prostitution infantile. Il en va de l'intĂ©gritĂ© des victimes potentielles, de la prĂ©vention contre toute rĂ©cidive que pourrait commettre potentiellement la ou les personne(s) mise(s) en cause et, enfin, de l'intĂ©gritĂ© de la nation toute entiĂšre.

Association L'Ange Bleu

(1) http://www.arretsurimages.net/vite.php?id=11309
(2) cit. de Luc Ferry : "L'affaire m'a été racontée par les plus hautes autorités de l'Etat"
(3) http://www.legifrance.gouv.fr
(4) cit. de Luc Ferry : "si je sors le nom maintenant, c'est moi qui serai mis en examen et Ă  coup sĂ»r condamnĂ©, mĂȘme si je sais que l'histoire est vraie"

 

25 mai : journée internationale des Enfants Disparus

Samedi 21 mai 2011

Un enfant disparaĂźt :
116 000 un numéro pour les familles


A l’occasion du 25 mai 2011, 9e JournĂ©e internationale des enfants disparus, nous vous invitons Ă  retenir ce numĂ©ro de tĂ©lĂ©phone gratuit le 116 000, permettant d’avoir accĂšs dans un premier temps Ă  des Ă©coutants professionnels, puis Ă  un rĂ©fĂ©rent unique qui va accompagner les familles jusqu’au retour de l’enfant, en partenariat avec les autoritĂ©s et le relais des associations de proximitĂ©.

Pour les 47 312 fugues de mineurs,
Pour les 359 mineurs susceptibles d’ĂȘtre victimes d’un crime ou d’un dĂ©lit
Pour les 143 mineurs recherchés suite à une disparition particuliÚrement inquiétante
en raison de leur état de santé,
Tous inscrits au Fichier des personnes recherchĂ©es du MinistĂšre de l’IntĂ©rieur,
Pour les 353 familles suivies par le Bureau de l’entraide civile et commerciale
du ministĂšre de la Justice suite Ă  un enlĂšvement parental,
Pour les 328 familles suivies par les services du ministĂšre des Affaires EtrangĂšres
et EuropĂ©ennes aprĂšs des sĂ©parations parentales mettant les enfants au cƓur de ces conflits.

Pour ces milliers de familles désemparées,
un numéro unique européen le 116 0.0.0.

En France, ce dispositif a reçu 7 527 appels en 2010, dont 26 % avec un contenu réel.

859 nouveaux dossiers ont été ouverts : dont 257 enlÚvements parentaux, 194 fugues, 27 disparitions inquiétantes et 163 conseils de prévention.

Premier numĂ©ro europĂ©en de tĂ©lĂ©phonie sociale, il est nĂ© sous l’impulsion de « Missing Children Europe », la FĂ©dĂ©ration europĂ©enne pour les enfants disparus et sexuellement exploitĂ©s. Missing Children Europe compte aujourd’hui 24 membres, ONG de 16 pays de l’UE et de Suisse, dont en France, les associations La Mouette, l’Aide aux Parents d’Enfants Victimes et la Fondation pour l’Enfance qui en est administrateur. Cette annĂ©e, Missing Children Europe fĂȘte ses 10 annĂ©es d’existence.

En ce 25 mai, journĂ©e internationale pour les enfants disparus, la presse et tous les mĂ©dias sont invitĂ©s Ă  communiquer largement ce numĂ©ro de tĂ©lĂ©phone gratuit pour les familles dont un enfant a disparu. Pour ce faire, l’APEV a rĂ©alisĂ© un clip vidĂ©o de 30 secondes.

Et, comme chaque annĂ©e, Ă  l’occasion de cette journĂ©e du souvenir, l’APEV diffuse une nouvelle affiche d’avis de recherche pour 10 personnes disparues.

Nous comptons sur le soutien de l’ensemble des mĂ©dias pour nous aider Ă  diffuser largement ce message d’espoir.

Pour visionner le clip et voir la nouvelle affiche de recherche :
www.apev.org
www.116000enfantsdisparus.fr

 

Café-débat d'Annecom : la bande-annonce

Dimanche 15 mai 2011

Ci-dessous, la bande annonce du café-débat d'Annecom organisé ce jeudi 12 mai au "Gai Moulin" (Paris IV), avec Latifa Bennari présidente et fondatrice de L'Ange Bleu et Catherine Marie auteure du livre "Le réveil d'un volcan".

Présenté par Anne Marie Engler
Tournage & montage : Aude Hassenforder.




Bande Annonce Café Latifa Bennari ' par annecom


 

Latifa Bennari répondra ce soir à vos questions sur Beur FM

26 avril 2011

Mme Bennari sera l'invité de Vanessa Menadi à Beur Fm ce mardi soir à 22h, dans l'émission "confidences".

Elle parlera de son parcours, de l'histoire de "l'Ange Bleu", et de ses nombreuses rencontres avec des personnes en détresse profonde. Elle y présentera sa méthode révolutionnaire et singuliÚre, celle d'apporter une écoute et un accompagnement à toute personne concernée par le sujet de la maltraitance sexuelle des enfants.


Vous pourrez y témoigner en appelant le 01 48 060 060 de 22h à 1h du matin en direct.

Le site de la radio.



 

Affaire de Toulouse - Intervention de Latifa Bennari sur France 2

18 avril 2011

Dans le cadre de l'affaire du récidiviste de Toulouse, Latifa Bennari est intervenue ce soir au journal télévisé de 20h sur France 2 afin de rappeler que "la pédophilie n'est pas une maladie" et qu'en observant une écoute adaptée "nous réduirions considérablement le problÚme de la récidive".

Cette affaire montre l'absence de réponse adaptée et de garantie qu'offrent les parcours de soins traditionnels auprÚs d'une catégorie de délinquants pour prévenir la récidive. Récidive qui, de fait, suppose un passage à l'acte effectif et l'entrée du sujet dans le processus de la délinquance.

L'intervention de Mme Bennari suit le dernier groupe de parole de ce samedi à Paris, organisé par l'Ange Bleu, rassemblant une dizaine de pédophiles et d'anciennes victimes autour d'une table dans le cadre de sa mission de prévention contre le passage à l'acte. Une prévention exercée en amont qui court-circuite le processus de passage à l'acte et évite de fait la problématique de la récidive.

Cliquez sur le logo de France 2 ci-dessus pour revoir le journal télévisé de ce jour

 

Les groupes de parole de l'Ange Bleu : un reportage de Libération

21 février 2011

Le quotidien Libération a récemment réalisé un reportage sur les groupes de parole menés au sein de l'Ange Bleu. Le quotidien nous livrera dans son édition du 22 février cet article, faisant suite à sa précédente publication sur ce thÚme.

Y sera dressé le portrait d'une expérience unique en France, en complétant ainsi le tour d'horizon des solutions émergeantes en France. Ce dernier opus présente les groupes de parole de l'Ange Bleu ayant fait leurs preuves au cours de ses 13 années de pratique, en dépit de ses faibles ressources.

"MĂ©thode Latifa"
Cette mĂ©thode, initiĂ©e par Latifa Bennari il y a plus de 40 ans, et officiellement Ă©tablie par l'entremise de l'Association en 1998, met en relief l'apport des rencontres mixtes entre victimes, pĂ©dophiles (abstinents ou passifs) et pĂ©dosexuels ne se connaissant pas avant leur rĂ©union au sein du groupe. Il ne s'agit cette fois pas de confronter une victime avec son abuseur dans un but rĂ©parateur, mais de dĂ©clencher des prises de conscience susceptibles d'enrayer les affects nĂ©gatifs chez les victimes d'une part et d'autre part de dĂ©samorcer le processus pouvant mener au passage Ă  l'acte chez les pĂ©dophiles encore abstinents. Une mĂ©thode d'avant-garde qui s'applique par ailleurs parfaitement Ă  la prĂ©vention de la rĂ©cidive puisque peuvent Ă©galement ĂȘtre prĂ©sents Ă  ces groupes des personnes condamnĂ©es.

Prévention en amont avant toute chose : toujours plus loin
AprÚs un premier article entourant la prévention de la récidive, et également au sortir de la polémique entourant l'affaire Laetitia, ce nouvel article braque ce coup-ci les projecteurs sur une approche privilégiant avant tout la prévention en amont sur celle de la seule récidive.
Nous espérons qu'il contribuera à amorcer au plus haut sommet de la chancellerie une base de réflexion sur cette problématique.

A vos kiosques !

 

Affaire Laetitia : SIGNEZ LE MANIFESTE JUSTICE

04 février 2011
Nous relayons ci-dessous le manifeste qui vient de nous ĂȘtre transmis par l'ANJAP.
Nous invitons le plus grand nombre Ă  le signer !


Lire également le communiqué de SOCAPSYLEG (Société Caraïbéenne de Psychiatrie et de Psychologie Légales) -> LE GOUVERNEMENT : COMPLICE DE LA RECIDIVE ?


 

LOPPSI : Appel Ă  une manifestation nationale

13 janvier 2011

Le collectif Anti-Loppsi2, regroupant 25 organisations dont le Syndicat des Avocats de France, le Syndicat de la Magistrature, la Quadrature du Net, le SNES, l'Union Syndicale de la Psychiatrie, etc... organise une manifestation nationale ce samedi 15 janvier visant Ă  retirer la loi LOPPSI lors de sa prochaine lecture devant le SĂ©nat.

Nous nous sommes positionnés le 15 novembre dernier contre l'article 4 de cette loi, visant au filtrage de sites Internet sous prétexte de protéger les internautes de la pédopornographie présente sur le réseau. Une disposition que nous jugeons inefficace, contreproductive et dangereuse, et qui creuse une fois de plus le lit de la répression en lieu et place de la prévention (lire nos argumentaires 1 & )

Solidaires de cette action, nous vous invitons à participer nombreux à cette manifestation décisive qui se déroulera dans toute la France du 15 au 18 janvier, date à laquelle la loi passera devant le Sénat.

Il en va du droit de tous de les défendre : non à la LOPPSI !

Pour en savoir plus :
http://antiloppsi2.net/

Pour signer la pétition :
http://loppsi2.partipirate.org/index.php

 

Invitation : conférence le 30 novembre à Orléans

Mardi 16 novembre 2010

Le Docteur Jacques DENIZOT
a l'honneur de vous inviter à la conférence


« PÉDOPHILIE : PRÉVENIR POUR PROTÉGER »



par
Latifa BENNARI
fondatrice et présidente de l'association
« l'Ange Bleu »

qui se tiendra
le mardi 30 novembre 2010 Ă  19h
à la MédiathÚque d'Orléans
1 Place GAMBETTA, 45000 ORLÉANS



Qu'est-ce que la pédophilie ? Qui sont les pédophiles ? Pourquoi et comment le devient- on ? Peut-on prévenir l'apparition des attirances que ressentent les pédophiles ? Ou du moins aider à les faire évoluer ?
Latifa BENNARI a Ă©tĂ© victime d'agressions sexuelles entre 6 et 14 ans. Depuis qu'elle a osĂ© de sortir du silence, elle s'efforce de trouver des rĂ©ponses Ă  ces questions en apportant aide et Ă©coute Ă  des centaines de victimes et de dĂ©linquants sexuels, Ă  travers l'association qu'elle a fondĂ©e; l'Ange Bleu (www.ange-bleu.com). Elle allie prĂ©vention et humanisme dans sa lutte contre la maltraitance sexuelle des enfants et suscite un intĂ©rĂȘt croissant sur la scĂšne internationale.

- Entrée libre -


 

Critique d’un projet de loi annoncĂ© (LOPPSI), par J.-M. Louka

Lundi 15 novembre 2010

Sans critiquer le projet de loi LOPPSI sur ses fondements techniques et démocratiques (voir notre article publié dans la rubrique "Actualités Juridiques"), le psychanalyste Jean-Michel Louka nous livre une réflexion de fond qui, si elle prend appui sur cet événement législatif, nous offre un point de vue plus large sur la nature de la pédophilie et le rÎle fondamental de la parole en tant que moyen à mettre en oeuvre pour en prévenir les manifestations.
La troisiĂšme proposition de notre texte dĂ©fend l'idĂ©e largement expĂ©rimentĂ©e en notre sein "qu'en prenant en charge ces personnes avant la commission d'un dĂ©lit quelconque, nous Ă©vitons Ă  la fois celui-ci et nous Ă©vitons par lĂ  mĂȘme ce qu'il en coĂ»te Ă  la sociĂ©tĂ©. "
J.M. Louka renforce cette idée en démontrant en quoi et pourquoi l'accompagnement et l'écoute de ces personnes gagne en efficacité devant toute logique purement répressive, dont ce nouveau projet législatif en est son expression.



Paris, le 15 novembre 2010


A l’heure oĂč un nouveau projet de loi (loi LOPPSI) visant Ă  protĂ©ger les citoyens autour des questions de pĂ©dophilie et de leur diffusion par le biais d’internet (filtrage d’internet instaurĂ© pour la protection de l’enfance en son article 4) doit voir le jour, il faut rappeler que les affaires rĂ©centes de pĂ©dophilie qui ont humainement et judiciairement dĂ©frayĂ© la chronique ne peuvent faire l’impasse sur un fait : la sexualitĂ© humaine est un domaine des plus complexes.

Loin d'ĂȘtre une simple bio-gĂ©nitalitĂ©, reposant sur des besoins sexuels, gĂ©nĂ©tiquement programmĂ©e et visant essentiellement Ă  la reproduction comme chez les animaux, elle est, avant tout, une psycho-sexualitĂ©, du fait que l'ĂȘtre humain est un ĂȘtre de langage, du fait, donc, qu'il parle. C'est parce qu'il est un "parlĂȘtre", qu'il est soumis au langage, qu'il a un inconscient. Et cet inconscient perturbe tout d'une supposĂ©e gĂ©nitalitĂ© normale, laquelle n'existe pas. C'est donc, chez l'Humain, le dĂ©sir, qui plus est, le dĂ©sir en tant qu'inconscient qui va mener la danse de sa sexualitĂ©. Le dĂ©sir inconscient est irreprĂ©sentable. Le fantasme est lĂ  pour supplĂ©er, supporter ce dĂ©sir irreprĂ©sentable. Et le fantasme, les fantasmes, se mettent en place lors de la lente et cahoteuse construction du "sujet", entraĂźnant la multiple possibilitĂ© d'expression des pulsions sexuelles qui rĂ©clament, chacune, leur satisfaction. TrĂšs tĂŽt. Ensuite va venir une rĂ©pression desdites pulsions, pour chacun, pour chacune, une "castration" de certaines pulsions non-admises par et pour la vie collective, afin d’obtenir une vie non-barbare supportable en sociĂ©tĂ©.

La plupart des sujets va prendre cette voie dite "normale" d'accepter la rĂ©pression, tout au moins pour l'essentiel, la castration de certaines pulsions, ou expressions des pulsions, des pulsions les plus mortifĂšres pour soi-mĂȘme et pour autrui, pour l'autre, le partenaire sexuel. S'il y a trop de rĂ©pression, culturelle, sociale, Ă©merge un risque de sombrer dans la nĂ©vrose (hystĂ©rie, nĂ©vrose obsessionnelle, phobie). S'il n'y en a pas assez, pour une raison ou une autre, se fait jour un autre risque, que le sujet s'installe dans la perversion, dans la pratique d'actes dits pervers (masochisme, sadisme, exhibition, voyeurisme, pĂ©dophilie, passages Ă  l'acte incestueux, gĂ©rontophilie, rapports sexuels avec les animaux, etc.). Les personnalitĂ©s pĂ©dophiliques ne tĂ©moignent d'aucune "anormalitĂ©" psychique ou physique particuliĂšre, mais seulement sociale, au sens oĂč cette castration des pulsions ne s'est pas accomplie comme il convient pour la vie collective, la rendant acceptable selon ses rĂšgles, selon ses normes, selon ses lois.

Ce sont souvent des personnalitĂ©s immatures, fixĂ©es Ă  un moment de leur histoire infantile, fascinĂ©es par l'enfant ou l'adolescent, parce qu'elles se trouvent et se retrouvent en lui. En fait, on pourrait dire que ces personnalitĂ©s se mirent dans l'enfant qu'elles tourmentent ou utilisent pour leur plaisir, pour leur jouissance, pour satisfaire leur fantasme (au singulier), fantasme fondamental auquel elles restent comme collĂ©es, et qui, parfois, les mĂšne au passage Ă  l'acte rĂ©prĂ©hensible. Elles sont alors condamnĂ©es, si elles sont prises dans les rĂȘts de la police et de la justice. L'enjeu curatif d'une psychanalyse, en ce domaine, est de tenter (et de rĂ©ussir!) ce "dĂ©collement" qui n'a pu avoir lieu en son temps. Ceci, afin de permettre cette "castration des pulsions", sans laquelle aucune vie ne peut se vivre dans le respect de l'Autre. Mais l’enjeu prĂ©ventif existe aussi, et c’est sur celui-ci que devrait porter aujourd’hui l’effort collectif de la main tendue d’une sociĂ©tĂ© qui ne peut plus se suffire de seulement rĂ©primer, punir. Les pĂ©dophiles sont dans une souffrance, gĂ©nĂ©ralement indicible, honteuse, mĂȘme pour les plus accessibles Ă  une demande d’aide qui ne reçoit pas toujours la rĂ©ponse sociĂ©tale escomptĂ©e.

Oui, il faut accueillir cette souffrance, si elle le souhaite bien entendu, mĂȘme si elle semble monstrueuse Ă  beaucoup par ailleurs. Surveiller et punir ne suffisent pas,...il faut aussi accueillir et "traiter" ! C’est ce que fait l’association « L’ANGE BLEU), crĂ©Ă© par Latifa Bennari, association qui n’a pas sa pareille car si elle s’occupe des victimes des abus et violences sexuels, incestes, elle accueille Ă©galement – expĂ©rience Ă  ma connaissance unique – les pĂ©dophiles que Latifa Bennari appelle « pĂ©dophiles abstinents », ces derniers n’étant jamais passĂ©s Ă  l’acte, mais restant taraudĂ©s par de tenaces fantasmes sexuels concernant les enfants et les adolescents. Pour le praticien qui en a l’expĂ©rience, l'histoire infantile est, Ă  chaque fois, Ă  chaque cas, partie prenante. Pas de prĂ©sent, sans passĂ©, chez l'Homme. Non pas que le passĂ© soit seulement "explicatif", comme l'on dit trop souvent - il peut l'ĂȘtre -, mais, surtout, il est "originaire" de ce que l'on rencontre dans le prĂ©sent. Et l’on constate que les Ă©lĂ©ments de la complexitĂ© du tableau auquel on se confronte dans le prĂ©sent, Ă©taient dĂ©jĂ  lĂ , lisibles, prĂȘts Ă  se combiner si l'occasion leur en Ă©tait donnĂ©e...

Ainsi, dans la plupart des cas, il aurait Ă©tĂ© plus « facile » de prĂ©venir, d’aider Ă  la « castration des pulsions » par un travail de parole, plutĂŽt que de se retrouver plus tard, aujourd’hui, Ă  tout reprendre de ce chantier des pulsions et d’un sujet qui a toujours cherchĂ© son « bon entendeur », mais qui ne l’a jamais rencontrĂ©. Lui avait-on mĂȘme proposĂ© ? C’est Ă  quoi se voue l’association Loi 1901 « L’Ange Bleu », sa prĂ©sidente et ses collaborateurs, sans subventions d’aucune sorte, mais avec une Ă©nergie considĂ©rable, depuis de nombreuses annĂ©es dĂ©jĂ . Qu’il lui soit ici rendu hommage.

Jean-Michel LOUKA
psychanalyste
jean-michel.louka(at)orange.fr
http://www.louka.eu



 

Surveiller et punir - Prévenir et guérir

Mercredi 1er septembre 2010

Bonjour et bonne rentrée à tous et à toutes.

Une rentrĂ©e qui sera probablement marquĂ©e par de fortes agitations sociales et politiques compte-tenu des graves rĂ©gressions qu'impose notre gouvernement aux plus faibles, rĂ©gressions pour certaines dignes des heures sombres de notre histoire selon notre point de vue. MĂȘme si notre association ne combat pas sur ce terrain, l'enjeu est tel que nous ne pouvons pas ne pas nous associer ne serait-ce que moralement, en tant qu'acteur de l'Ă©conomie solidaire, aux luttes en cours et Ă  venir. Car sur ce terrain lĂ  aussi l'avenir de nos enfants est en jeu ! Aussi, Ă  ceux qui luttent, nous tĂ©moignons notre pleine solidaritĂ© et toute notre reconnaissance.

Nous en profitons pour adresser Ă  ce titre un petit clin d'oeil amical Ă  Serge Portelli pour sa remarquable intervention du 16 mai dernier sur le Plateau des GliĂšres

Pour revenir au sujet de notre action, et en guise de devoir de rentrée, nous allons reposer une nouvelle fois la question : "La pédophilie est-elle une perversion ? Comment la soigner ?"

Une question dont la réponse semble ne faire aucun doute pour la majorité et qui pourtant devrait nous interpeller. Notre colaborateur psychanalyste - Jean-Michel Louka (1) - nous en dit un peu plus. Nous vous restituons sa réponse ci-dessous et profitons de l'occasion pour le remercier de la présentation faite de notre action à titre d'illustration et d'hommage :

SURVEILLER ET PUNIR,
PRÉVENIR ET GUÉRIR


Les affaires rĂ©centes de pĂ©dophilie qui ont humainement et judiciairement dĂ©frayĂ©es la chronique ne peuvent faire l’impasse sur un fait : la sexualitĂ© humaine est un domaine des plus complexes. Loin d'ĂȘtre une simple bio-gĂ©nitalitĂ©, reposant sur des besoins sexuels, gĂ©nĂ©tiquement programmĂ©e et visant essentiellement Ă  la reproduction comme chez les animaux, elle est, avant tout, une psycho-sexualitĂ©, du fait que l'ĂȘtre humain est un ĂȘtre de langage, du fait, donc, qu'il parle. C'est parce qu'il est un "parlĂȘtre", qu'il est soumis au langage, qu'il a un inconscient. Et cet inconscient perturbe tout d'une supposĂ©e gĂ©nitalitĂ© normale, laquelle n'existe pas. C'est donc, chez l'Humain, le dĂ©sir, qui plus est, le dĂ©sir en tant qu'inconscient qui va mener la danse de sa sexualitĂ©. Le dĂ©sir inconscient est irreprĂ©sentable. Le fantasme est lĂ  pour supplĂ©er, supporter ce dĂ©sir irreprĂ©sentable. Et le fantasme, les fantasmes, se mettent en place lors de la lente et cahoteuse construction du "sujet", entraĂźnant la multiple possibilitĂ© d'expression des pulsions sexuelles qui rĂ©clament, chacune, leur satisfaction. TrĂšs tĂŽt.

Ensuite va venir une rĂ©pression des dites pulsions, pour chacun, pour chacune, une "castration" de certaines pulsions non-admises par et pour la vie collective, afin d’obtenir une vie non-barbare supportable en sociĂ©tĂ©. La plupart des sujets va prendre cette voie dite "normale" d'accepter la rĂ©pression, tout au moins pour l'essentiel, la castration de certaines pulsions, ou expressions des pulsions, des pulsions les plus mortifĂšres pour soi-mĂȘme et pour autrui, pour l'autre, le partenaire sexuel.

S'il y a trop de répression, culturelle, sociale, émerge un risque de sombrer dans la névrose (hystérie, névrose obsessionnelle, phobie).

S'il n'y en a pas assez, pour une raison ou une autre, se fait jour un autre risque, que le sujet s'installe dans la perversion, dans la pratique d'actes dits pervers (masochisme, sadisme, exhibition, voyeurisme, pĂ©dophilie, passages Ă  l'acte incestueux, gĂ©rontophilie, rapports sexuels avec les animaux, etc.). Les personnalitĂ©s pĂ©dophiliques ne tĂ©moignent d'aucune "anormalitĂ©" psychique ou physique particuliĂšre, mais seulement sociale, au sens oĂč cette castration des pulsions ne s'est pas accomplie comme il convient pour la vie collective, la rendant acceptable selon ses rĂšgles, selon ses normes, selon ses lois. Ce sont souvent des personnalitĂ©s immatures, fixĂ©es Ă  un moment de leur histoire infantile, fascinĂ©es par l'enfant ou l'adolescent, parce qu'elles se trouvent et se retrouvent en lui. En fait, on pourrait dire que ces personnalitĂ©s se mirent dans l'enfant qu'elles tourmentent ou utilisent pour leur plaisir, pour leur jouissance, pour satisfaire leur fantasme (au singulier), fantasme fondamental auquel elles restent comme collĂ©es, et qui, parfois, les mĂšne au passage Ă  l'acte rĂ©prĂ©hensible. Elles sont alors condamnĂ©es, si elles sont prises dans les rĂȘts de la police et de la justice.

L'enjeu curatif d'une psychanalyse, en ce domaine, est de tenter (et de rĂ©ussir!) ce "dĂ©collement" qui n'a pu avoir lieu en son temps. Ceci, afin de permettre cette "castration des pulsions", sans laquelle aucune vie ne peut se vivre dans le respect de l'Autre. Mais l’enjeu prĂ©ventif existe aussi, et c’est sur celui-ci que devrait porter aujourd’hui l’effort collectif de la main tendue d’une sociĂ©tĂ© qui ne peut plus se suffire de seulement rĂ©primer, punir. Les pĂ©dophiles sont dans une souffrance, gĂ©nĂ©ralement indicible, honteuse, mĂȘme pour les plus accessibles Ă  une demande d’aide qui ne reçoit pas toujours la rĂ©ponse sociĂ©tale escomptĂ©e.

Oui, il faut accueillir cette souffrance, si elle le souhaite bien entendu, mĂȘme si elle semble monstrueuse Ă  beaucoup par ailleurs. Surveiller et punir ne suffisent pas,...il faut aussi accueillir et "traiter" ! C’est ce que fait l’association « L’ANGE BLEU », crĂ©Ă© par Latifa Bennari, association qui n’a pas sa pareille car si elle s’occupe des victimes des abus et violences sexuels, incestes, elle accueille Ă©galement – expĂ©rience Ă  ma connaissance unique – les pĂ©dophiles que Latifa Bennari appelle « pĂ©dophiles abstinents », ces derniers n’étant jamais passĂ©s Ă  l’acte, mais restant taraudĂ©s par de tenaces fantasmes sexuels concernant les enfants et les adolescents. Pour le praticien qui en a l’expĂ©rience, l'histoire infantile est, Ă  chaque fois, Ă  chaque cas, partie prenante. Pas de prĂ©sent, sans passĂ©, chez l'Homme. Non pas que le passĂ© soit seulement "explicatif", comme l'on dit trop souvent - il peut l'ĂȘtre -, mais, surtout, il est "originaire" de ce que l'on rencontre dans le prĂ©sent. Et l’on constate que les Ă©lĂ©ments de la complexitĂ© du tableau auquel on se confronte dans le prĂ©sent, Ă©taient dĂ©jĂ  lĂ , lisibles, prĂȘts Ă  se combiner si l'occasion leur en Ă©tait donnĂ©e... Ainsi, dans la plupart des cas, il aurait Ă©tĂ© plus « facile » de prĂ©venir, d’aider Ă  la « castration des pulsions » par un travail de parole, plutĂŽt que de se retrouver plus tard, aujourd’hui, Ă  tout reprendre de ce chantier des pulsions et d’un sujet qui a toujours cherchĂ© son « bon entendeur », mais qui ne l’a jamais rencontrĂ©. Lui avait-on mĂȘme proposĂ© ? C’est Ă  quoi se voue l’association Loi 1901 « L’Ange Bleu », sa prĂ©sidente et ses collaborateurs, sans subventions d’aucune sorte, mais avec une Ă©nergie considĂ©rable, depuis de nombreuses annĂ©es dĂ©jĂ . Qu’il lui soit ici rendu hommage.

Jean-Michel LOUKA
psychanalyste

(1) Jean-Michel Louka est co-fondateur et prĂ©sident de l'association "Ecole Lacanienne de la SalpĂȘtriĂšre", prĂ©sident de l'association Gynepsy, maĂźtre de confĂ©rence et ancien chercheur au CNRS. Il organise rĂ©guliĂšrement Ă  Paris un sĂ©minaire public ouvert Ă  tous.
Plus de renseignements sur Psycho-ressources


 

Invitation à la projection-débat du film "Cicatrices"

Mardi 06 avril 2010

Gabriel GONNET, Directeur de la CATHODE(1), rĂ©alisateur du film, auteur de "RĂ©siliences, Cicatrices, RĂ©bellion" (Ed. L'harmattan, 2010) et Monique BOURY, PrĂ©sidente du ComitĂ© français des ONG pour la Liaison et l’Information des Nations Unies(2)

Vous invitent à la projection-débat du film «Cicatrices»

Grand Prix2008-Festival MĂ©dical des Entretiens de Bichat-Paris
Prix2008- Psychologie Filmed-Amiens


Le mardi 18 mai 2010 Ă  20h30
Auditorium Maison du Barreau
2-4 Rue du Harley – 75001 Paris


Seront présents lors de ce débat :
Jean Yves LEBORGNE, Vice BĂątonnier
Jacques LECOMTE, Chargé de cours à Paris X, Créateur du site Psychologie positive.
Jean Pierre ROSENCZVEIG, Président du Tribunal pour Enfants Bobigny
Latifa BENNARI, PrĂ©sidente de «l’Ange Bleu »

(1) - La Cathode
6, rue Edouard Vaillant, 93200 St Denis
e-mail : contact(at)lacathode.fr
tél : 01 48 30 81 60
fax : 01 48 30 81 26

(2) - Comité Français ONG/ONU
5, Rur Perrée 75003 Paris
e-mail : moniqueboury(at)yahoo.fr
tél : 01.48.87.23.22
fax : 01.48.87.33.09

Pour plus de détails sur le programme



Jeudi 20 mai 2010 - Les vidéos de la conférence

Nous remercions Françoise Boisseau de nous avoir fait parvenir le lien de la vidéo de la conférence donnée par Latifa Bennari à l'occasion de cet événement. Nous vous les livrons ci-dessous en quatre parties, postées également sur Youtube.

Nous remercions également toute l'équipe du Comité Français des ONG pour la Liaison et l'Information des Nations Unies et en particulier Monique Boury qui entretient depuis plusieurs années avec l'Ange Bleu d'enrichissants échanges.

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Sur ARTE ce mardi 4 mai : "Crimes d'inceste"

Samedi 1er mai 2010

Nous vous invitons Ă  visionner la soirĂ©e THEMA sur ARTE ce mardi 4 Mai Ă  20.35 « Crimes d’inceste », auquel l'Ange Bleu a participĂ© dans son deuxiĂšme volet. A cette occasion, France-Soir publie Ă©galement ce mĂȘme jour un article de fond sur le thĂšme de l'inceste, dont vous pouvez en lire la retranscription sur cette page. Nous vous livrons ci-dessous le synopsis de l'Ă©mission, pour votre information. Celle-ci peut-ĂȘtre revue durant sept jours aprĂšs diffusion, sur le site Arte-tv.

20.35 :
« Inceste : familles empoisonnées »

Ils sont sept. Homme, femmes, mĂšre, jeunes filles, de tous milieux, ils ont entre 23 et 60 ans
 Tous se livrent Ă  visage dĂ©couvert, avec franchise, avec courage. Chacun raconte son histoire, ses Ă©motions et ses souvenirs. Chaque histoire est unique, mais Ă  sa façon universelle, car chacun raconte les silences, le sentiment de culpabilitĂ© bien qu’on soit victime, l’absence de repĂšres, la lĂąchetĂ© de toute une famille, le rĂŽle terrible de la mĂšre, le dĂ©ni. L’impression d’ĂȘtre seuls au monde alors que les Ă©preuves traversĂ©es sont semblables. Le film met Ă  jour ces mĂ©canismes et montre que l’on ne peut comprendre l’inceste que si l’on considĂšre toute la famille.

21.25 : « Coupable d’inceste » de Cyril de Turckheim et François Bordes (ARTE France, DOC EN STOCK - 26’)

Cyril de Turckheim et François Bordes dressent les portraits psychologiques de ces hommes qui ont un jour franchi la ligne rouge en abusant leur fille, leur sƓur ou leur petite fille
 Construit Ă  partir de tĂ©moignages, le film est Ă©clairĂ© par des entretiens avec plusieurs experts de renom qui identifient trois catĂ©gories d’incestueux : les « nĂ©vrosĂ©s immatures », les « intellectuels pervers » et les « prĂ©dateurs sadiques »  Une typologie non figĂ©e qui propose une grille de repĂšres

Quel est le profil d'un homme incestueux ? Pourquoi passe-t-il Ă  l'acte ?

Les réalisateurs de "Coupable d'inceste" dressent le portrait psychologique et le parcours d'hommes ayant franchi la ligne jaune. Bernard et Romain, ce dernier témoignant au cours de son entretien avec Mme Bennari. Ces deux pÚres, reconnus coupables d'attouchements sur leurs enfants, se livrent avec franchise et sans déni. Cette contribution permettra-t-elle de mieux comprendre le phénomÚne, pris ici sous deux angles distincts ?
Si la question se pose sur le savoir des spĂ©cialistes en la matiĂšre et des moyens de prĂ©vention Ă  mettre en oeuvre, il est tout du moins fait ici dĂ©monstration que parallĂšlement Ă  l’aide apportĂ©e aux victimes d’abus sexuels, l’action de l’Ange Bleu, Ă  contre-courant des positions communes, illustre l’importance d’une Ă©coute et d’un soutien ciblant directement les auteurs de dĂ©lits sexuels sur enfants lorsqu'ils en formulent la demande. Des demandes elles aussi Ă  contre-courant des croyances usuelles en la matiĂšre puisqu'elles ne cessent de croĂźtre au fil du temps. Que nous apprennent ces tĂ©moignages ? Quels parcours ont conduit ces hommes Ă  commettre de tels actes ? Quels sont leurs points communs, leurs diffĂ©rences ? Ces passages Ă  l'acte sont-ils des accidents de parcours ou la concrĂ©tisation de dĂ©sirs longtemps refoulĂ©s ? Quand et pourquoi deviennent-ils incestueux ?

Autant de questions que ce reportage soulÚve, au plus prÚs d'une réalité face à laquelle bien des certitudes pourront s'effriter.

Revoir l'Ă©mission sur Arte-tv (disponible durant 7 jours)
* Inceste : familles empoisonnées
* Coupables d'inceste
* Crimes d'inceste : le débat

 

Les groupes de paroles de l'Ange Bleu sur France 24

Mardi 06 avril 2010

L'équipe de France 24 a diffusé ce samedi 03 avril un reportage tourné au cours d'un récent groupe de parole organisé par l'Ange Bleu, afin de mettre la lumiÚre sur le rÎle essentiel que constitue ce type de rencontres, tant pour les pédophiles que pour les victimes présents cÎte à cÎte.

Ces rencontres ne remplacent pas les thĂ©rapies, mais permettent Ă  tous ceux et celles qui seuls n'auraient ni eu l'Ă©nergie ni la motivation de se prendre en charge de franchir cet essentiel premier pas : dĂ©livrer la parole, se confier. Beaucoup de ces participants en effet s'engagent Ă  la suite de cette prise de parole dans une dĂ©marche de soin spĂ©cialisĂ©, ou encore prennent suffisament conscience de leur Ă©tat pour rĂ©viser intĂ©gralement leur vision du problĂšme. Et tout l'intĂ©rĂȘt des groupes de parole rĂ©side lĂ .

"Un contrat moral passĂ© avec moi-mĂȘme" comme le prĂ©cise justement "Christian" (pseudonyme), l'un des participants de ce jour. Il s'agit bien de cela. Parler sans ĂȘtre jugĂ© en retour catalyse le changement qui s'opĂšre en soi Ă  l'instant oĂč l'on dĂ©cide d'y participer. Le cadre convivial et l'Ă©coute offerte en cet Ă©vĂ©nement engage moralement le sujet dans une nouvelle aventure ; sa propre Ă©volution.

Courte mais riche d'information et d'espoir, Nous vous invitons Ă  visionner cette Ă©mission qui peut ĂȘtre consultĂ© intĂ©gralement sur le site de France 24 Ă  cette adresse : http://www.france24.com/fr/20100405-fr-sante-sexualite-troubles-pedophilie-impuissance-jennifer-knock

Nous remercions toute l'équipe de France 24, et particuliÚrement Jennifer Knock, auteure et présentatrice de l'émission, pour l'esprit de synthÚse et la justesse de ce document.


 

Conférence au Luxembourg le 12 mars à 20h

Mercredi 10 mars 2010

PrĂ©sentation pour la presse luxembourgeoise de la confĂ©rence de Madame Latifa Bennari, vendredi 12 mars Ă  20 heures chez les SƓurs Franciscaines.

Les affaires de pédophilie font réguliÚrement la une des journaux et suscitent toujours une grande émotion dans l'opinion publique. Face à ces histoires dramatiques, le sensationnel l'emporte souvent sur le débat de fond. Protéger les enfants du fléau des abus sexuels est une mission délicate, complexe et indispensable. Comment assurer le meilleur soutien aux victimes et la meilleure prévention de la maltraitance sexuelle des enfants ?

En réponse à ces questions, Latifa Bennari, fondatrice de L'Ange Bleu, association nationale d'information et de prévention concernant la pédophilie ( www.ange-bleu.com ), a développé une démarche originale et novatrice. Dans son ouvrage, intitulé "L'Ange Bleu, Pédophilie : prévenir pour protéger ». Editions du Rocher, elle confie le calvaire qu'elle a vécu entre l'ùge de six et quatorze ans. Un "ami" de la famille, que nul ne soupçonnait, est devenu le bourreau d'une Latifa muette de honte et de souffrance. Aujourd'hui, la victime s'est métamorphosée en militante débordante d'énergie. Son mot d'ordre : éviter toute diabolisation, cesser de condamner sans comprendre.

Le programme d’action de l’Ange bleu comporte l’accueil, l’écoute, l’accompagnement personnalisĂ© aussi bien des victimes afin de les aider Ă  dĂ©passer leur souffrance et Ă  se reconstruire, que des personnes en prise avec des attirances pĂ©dophiliques. En ce qui concerne ces derniĂšres, il s’agit de les aider Ă  ne pas « franchir le pas de l’acte pĂ©dosexuel » ou, si elles sont des dĂ©linquants condamnĂ©s, « Ă  ne pas rĂ©cidiver ». Les proches des victimes comme ceux des pĂ©dophiles ou des abuseurs condamnĂ©s peuvent aussi ĂȘtre soutenus dans leur dĂ©sarroi. Oser en parler, c'est se donner la possibilitĂ© de traiter et de maĂźtriser en profondeur le problĂšme de la maltraitance sexuelle pour mieux le combattre.

Madame Bennari vient Ă  Luxembourg et donnera une confĂ©rence le vendredi 12 Mars Ă  20 heures sur le thĂšme « PĂ©dophilie : prĂ©venir pour protĂ©ger » Ă  la Maison d’accueil des SƓurs Franciscaines, 50 Avenue Gaston Diderich Ă  Luxembourg-Belair..

Addendum du 16 mars

"Therapie fĂŒr potenzielle kinderschĂ€nder"
Un article intitulĂ© "Therapie fĂŒr potenzielle kinderschĂ€nder" vient de paraĂźtre ce jour dans le journal Luxembourger Wort donnant suite Ă  la confĂ©rence qui s'est tenue ce vendredi 12 mars.
Nous vous le livrons en version scannée originale, ainsi qu'en version traduite en français.
Pour le consulter, cliquez ici.

SanViolentine invitĂ©e par « l’Association Ange Bleu »


SanViolentine a assistĂ© Ă  la confĂ©rence de Mme Latifa Benari de l’association Ange Bleu, donnĂ©e le 12 mars au centre pĂ©nitentiaire de Schrassig et le soir Ă  la Maison d’accueil des SƓurs Franciscaines Ă  Luxembourg.



Madame Benari a invité Madame Frieke Brandebourg-Jeurgens pendant les deux conférences à intervenir sur la collaboration entre les deux associations.

SanViolentine ne prend pas en charge les personnes à tendance pédophile, néanmoins SanViolentine estime que les personnes dans cette situation ne doivent pas rester sans écoute et les guident vers L'Ange Bleu.
La devise de Mme Benari : « un pĂ©dophile Ă©coutĂ© ne passera peut-ĂȘtre pas Ă  l’acte, ceci signifie des enfants sauvĂ©s ».

© 2010, Association San Violentine, 12 mars 2010

 

A ne pas manquer sur France Info !

Vendredi 26 février 2010

A Ă©couter sur France Info lundi 01 mars Ă  7h 15 (*) des tĂ©moignages lors du dernier groupe de parole organisĂ© par l'association L'Ange Bleu. Des profils mĂ©connus mais qui reflĂštent une rĂ©alitĂ© dont on doit tenir compte pour garantir l’objectif visĂ© qui est d’éviter le premier passage Ă  l’acte chez les pĂ©dophiles abstinents ou la rĂ©cidive chez les dĂ©linquants sexuels. Cette rencontre expose l'impact de l'action Ă  travers notamment le tĂ©moignage d’une ancienne victime d’abus sexuels participante Ă  ce groupe constituĂ© de pĂ©dophiles, de dĂ©linquants sexuels repentis, de parents d’enfants victimes et d’ex-victimes d’abus sexuels.
(*) Latifa Bennari interviendra en direct Ă  8h35

 

"Humour" pédophile sur Facebook

Vendredi 22 janvier 2010

Les rĂ©seaux sociaux apportent un semblant d'avantage pour beaucoup d'inconvĂ©nients. Hormis les dĂ©bats rĂ©cents sur une confidentialitĂ© difficile Ă  respecter ou faire respecter en raison surtout de l'usage qui en est fait, donc volontaire mĂȘme si inconsciente, de nombreux groupes s'y seraient dĂ©veloppĂ©s derniĂšrement qui, sous couvert d'humour noir, se targuent de vanter les "mĂ©rites" de la pĂ©dophilie, notamment sur le rĂ©seau Facebook.

Quelques mĂ©dias ont relayĂ© cette information(*) sans susciter toutefois plus de rĂ©action, mais la guerre continue au coeur de ces espaces virtuels. Un certain nombre de groupes se sont constituĂ©s pour combattre les auteurs de ces positions outrageantes et les messages affluent en direction de leurs auteurs. Premiers visĂ©s par les propos indĂ©cents de ces individus : les enfants s'ils consultent leur page au hasard de leurs recherches et les victimes pour lesquelles ce rappel constitue une vĂ©ritable violence. Et, au final, la sociĂ©tĂ© doublement atteinte tant par le sujet en lui-mĂȘme que des risques d'instrumentalisation qu'il peut susciter.

Mais qui sont les responsables ?
Comme il est coutume sur internet, l'apparente confidentialitĂ© du monde virtuel pousse certains Ă  transcender les barriĂšres morales. Que propose Facebook pour prĂ©server la libertĂ© d'expression qui, comme tout droit, se doit d'ĂȘtre encadrĂ© pour ne pas perdre son sens initial ? Visiblement, pas grand chose de vraiment contraignant, si ce ne sont les quelques messages de mise en garde lors de l'inscription. Cette insuffisance nous pousserait presque Ă  croire que ce rĂ©seau fut conçu pour discrĂ©diter ce droit fondamental... en laissant les barriĂšres se franchir allĂšgrement. Ses gestionnaires ne sont-ils pas autant condamnables que les auteurs de cet humour de mauvais goĂ»t (voir un prĂ©cĂ©dent aux USA en 2007 : http://techno.branchez-vous.com/actualite/2007/09/le_procureur_general_de_letat.html) ?

OĂč se place la limite entre libertĂ© d'expression et l'outrage constituĂ© ?
La liberté d'expression fut inscrite dans les droits fondamentaux pour permettre à tout individu de défendre sa position, exprimer ses désaccords, affirmer son identité culturelle, religieuse et politique. Aucune démocratie ne peux fonctionner sans l'exercice de ce droit.
Mais il ne faut pas confondre l'expression d'une position personnelle face au pouvoir institué et le déballage inconsistant d'un "humour" plus que limite. Il s'agit d'un détournement de ce droit, par ailleurs inscrit dans le code pénal parmi les délits encadrant les incitations à la violence (http://blog-droit.over-blog.com/article-2920429.html)

S'il y a Ă  craindre deux choses en consĂ©quence de cet acte, ce ne sont pas tant l'existence de ces individus en tant que tel sur Facebook ou ailleurs que leur encadrement, l'impact psychologique de leurs discours sur les victimes et enfin la prĂ©servation de nos droits. Car il est Ă  craindre au-delĂ  de l'Ă©vĂšnement en lui-mĂȘme que le fait que cela ait pu ĂȘtre publiĂ© et diffusĂ© sans garde-fou risque de donner des arguments supplĂ©mentaires aux tentatives actuelles de contrĂŽle de l'information citoyenne. Internet est particuliĂšrement visĂ© par ces tentatives et des prĂ©cĂ©dents montrent que le danger est rĂ©el (Hadopi, LOPPSI,...), entre autres sous couvert de protection de l'enfance.

Précision en guise de rappel :
Concernant le rapport entre les enfants et ces rĂ©seaux sociaux, il est Ă  noter qu'un certain nombre de personnes s'indignent du fait que leurs enfants pourraient consulter la page d'un tel groupe. Cela est un risque en effet. Mais il est Ă  rappeler ici que premiĂšrement, la consultation d'un enfant sur internet doit ĂȘtre encadrĂ© par des adultes responsables et deuxiĂšmement que la place d'un enfant n'est pas derriĂšre un Ă©cran (et certainement moins encore devant Facebook) mais dans un milieu socialisant oĂč il peux s'adonner Ă  des activitĂ©s propices Ă  son Ă©panouissement. Certaines activitĂ©s encadrĂ©es autour d'internet peuvent certes enrichir leur Ă©ducation, mais il ne doit pas devenir un rĂ©flexe au mĂȘme titre que la tĂ©lĂ©vision l'est devenue.
Il faut reconnaĂźtre, suivant les contextes, qu'il n'est pas toujours aisĂ© pour les parents de veiller 24h/24h dans ce rapport entre enfant et internet, mais quelques gestes simples peuvent prĂ©venir bien des dĂ©convenues. DĂ©jĂ , lorsque vous possĂ©dez un logiciel de contrĂŽle parental, ne confiez pas le code Ă  votre enfant, mĂȘme s'il insiste (dĂ©jĂ  vu et plus frĂ©quemment qu'on ne le pense), si vous n'en possĂ©dez pas, installez-en un (**). Enfin, dans le cas oĂč un tel contenu est relevĂ©, le mieux est de bloquer cet accĂšs Ă  l'enfant et de dialoguer avec lui. Le dialogue est le meilleur moyen de le prĂ©venir ou le soulager. Pour faire un signalement, informez Ă  la fois les Ă©quipes de modĂ©ration interne au site (s'il y a) et contactez les autoritĂ©s via ces deux liens ci-dessous :

Point de contact
Signalement Internet


Articles en référence :
(*) Pédophilie : le groupe Facebook de la polémique (LCI/TF1)
(*) Pédophilie : un groupe créé le scandale sur Facebook (Le Parisien)
(*) Facebook : ce groupe qui incite à la pédophilie et déchaßne le web (Le Post)
(*) Polémique autour d'un groupe Facebook sur le pédophilie (Le Nouvel Observateur)
(*) Alerte à la pédophilie sur Facebook (Le Figaro)
ContrĂŽle parental :
(**) Logiciels gratuits de contrĂŽle parental
(**) Comment installer un contrĂŽle parental
(**) Le portail du contrĂŽle parental

Les réseaux sociaux et la confidentialité (Petit rappel)
A lire : "Une société de surveillance ? L'état des droits de l'homme en France 2009"

 

Sauvons Fiona et Milla

Mercredi 30 décembre 2009

Maria Pia Maoloni, mĂšre sans nouvelles de ses deux filles [Fiona (10 ans et demi) et Milla (6 ans et demi)] depuis presque trois ans et ce, dans des circonstances dramatiques, nous a transmis le message suivant dont nous vous publions le lien ici afin de les aider Ă  se retrouver en cette pĂ©riode de l'annĂ©e oĂč l'absence de ses enfants constitue une cruelle Ă©preuve.

Nous espérons en effet que la diffusion de son message et de ses coordonnées permettront aux enfants de la joindre trÚs bientÎt. Ce message a été diffusé sur son blog. Pour le lire intégralement, vous pouvez vous rendre à l'adresse suivante :

http://sauvons-fiona-et-milla.blogspot.com/2008/03/1.html

Fiona, Milla,
Si vous parvenez Ă  lire ce texte, nous vous donnons le numĂ©ro oĂč vous pouvez joindre votre maman. Elle vous embrasse trĂšs fort, vous souhaite une bonne annĂ©e 2010, et nourrit un grand espoir de vous retrouver bientĂŽt.
Toute l'Ă©quipe de l'Ange Bleu se joint Ă  vous pour vous le souhaiter Ă  notre tour, de tout coeur :


0039/366/199 22 26


 

COMPTE RENDU DU RENDEZ VOUS AU MINISTERE DE LA JUSTICE LUNDI 9 NOVEMBRE 2009

Samedi 14 novembre 2009

Madame Latifa BENNARI, prĂ©sidente de l’Association l’Ange Bleu, accompagnĂ©e de MaĂźtre Yassine BOUZROU, avocat de cette association et spĂ©cialiste des questions liĂ©es Ă  la dĂ©linquance sexuelle, ont Ă©tĂ© reçus le 9 novembre 2009 au MinistĂšre de la Justice par Monsieur Jean-Louis DAUMAS, conseiller chargĂ© des mineurs et des victimes auprĂšs de Madame le Garde des Sceaux.

Ce rendez-vous avait pour objectif la prise en compte de l’expĂ©rience de l’Association l’Ange Bleu dans le cadre d’une rĂ©flexion ministĂ©rielle sur les moyens de lutte contre la dĂ©linquance sexuelle et la rĂ©cidive.

Il a notamment été abordé la question de la « castration physique et chimique ». Madame Latifa BENNARI a fait à ce sujet état des limites des mesures de « castration chimique » et notamment des nombreux effets secondaires résultant de la prise de médicaments y afférents.

Les intervenants ont Ă©galement dĂ©battu de la question des conditions de dĂ©tention des dĂ©linquants sexuels et des soins qui leur sont apportĂ©s en milieu carcĂ©ral. L’avocat de l’Association, MaĂźtre Yassine BOUZROU, a notamment abordĂ© la problĂ©matique de l’exĂ©cution et de l’amĂ©nagement des peines prononcĂ©es Ă  l’encontre des dĂ©linquants sexuels.

Madame BENNARI se rĂ©jouit que l’approche originale dĂ©fendue par son Association dans le combat pour la prĂ©vention de la maltraitance sexuelle d'enfants et l'information concernant la pĂ©dophilie ait Ă©tĂ© prise en compte et constitue aujourd’hui une base de rĂ©flexion dans le cadre des rĂ©formes lĂ©gislatives Ă  venir.

 

Le 29 novembre sur M6 (Emission "66 Minutes" Ă  17h20)

Vendredi 13 novembre 2009

Résumé

Sur les sites de chat trĂšs prisĂ©s des adolescents se cachent parfois des adultes pĂ©dosexuels. Il peut arriver que certains manipulent Ă  distance les ados et obtiennent parfois des liaisons par web cam. D’autres pĂ©dophiles tĂ©lĂ©chargent aussi entre eux des images d'enfants qu'ils Ă©changent et diffusent sur la toile.

Pendant 6 mois ( de fĂ©vrier Ă  juillet en tournage ), Julie Pichot a menĂ© l'enquĂȘte sur la toile. Elle s'est rendue auprĂšs de l'association L'Ange Bleu, qui accueille et Ă©coute les pĂ©dophiles (*) en souffrance pour Ă©viter les primo-passages Ă  l'acte, participĂ© aux investigations de la Brigade des mineurs de Paris et suivi un vaste coup de filet opĂ©rĂ© dans toute la France par la Gendarmerie Nationale. Une catĂ©gorie de personnes dont quelques uns prĂ©sentant un plus grand danger pour les enfants sur internet.

(*) Les sujets de l’Ange Bleu prĂ©sentĂ©s dans ce reportage n'ont pas le profil des chasseurs d'enfants dĂ©crits par ailleurs dans ce document.

 

Echanges et dĂ©bats : « ABUS D’ENFANTS : ACCOMPAGNEMENT PSYCHOLOGIQUE DES PÉDOPHILES ET DES INCESTUEUX »

Jeudi 01 Octobre 2009

* INVITATION *

Latifa BENNARI animera une soirée de débats autour du thÚme de l'accompagnement psychologique des pédophiles et incestueux, organisée par la délégation Paris 15Úme de Femmes 3000 :

ProtĂ©ger les enfants du flĂ©au des abus sexuels est une mission dĂ©licate et complexe, la pĂ©dophilie est un thĂšme difficile Ă  aborder, ambigu, et sujet Ă  polĂ©mique, son expĂ©rience est souvent dĂ©vastatrice. Agir sur LES CAUSES est le cheval de bataille de l’association L’Ange Bleu, qui dĂ©veloppe des actions de prĂ©vention de la maltraitance sexuelle d'enfants et d'information en relation avec les institutions. Oser parler de pĂ©dophilie, c'est non seulement briser les tabous pour permettre de traiter le problĂšme en profondeur, mais aussi Ă©viter la gĂ©nĂ©ralisation des mĂ©fiances et des accusations infondĂ©es.

A LA MAIRIE DU 15° - 31 RUE PÉCLET
LE JEUDI 8 OCTOBRE 2009 DE 19H Ă  20H30


* ENTRÉE LIBRE *

 

Revue de presse 2009, de janvier Ă  juin

Mercredi 01 Juillet 2009

Lire l'article- ONPM Info N°9 - Jan/Fév. 2009
Edito, par Yann-CĂ©dric QUERO, Criminologue
- Radio Suisse Romande - 22/01/2009
ITW dans l'Ă©mission "De quoi j'me mĂȘle"
Lire l'article- Le Mague - 29/06/2009
"A propos de la Mort de MichaĂ«l Jackson, par Latifa Bennari prĂ©sidente de l’Ange Bleu"
- Le Mague - 29/06/2009
"Michael Jackson pédophile abstinent ?"

 

Rencontre inter-associations Ă  la mairie du XVĂšme


Mercredi 18 FĂ©vrier 2009

Invitée à la rencontre inter-associations organisée par Femmes 3000 à la mairie Paris XVÚme ce mardi 17 février, Latifa Bennari expose son action et sa méthodologie parmi les associations présentes et - entre autres -, Monsieur Gérard Serracanie, adjoint au maire chargé des associations, Madame Franot sa collaboratrice et Line Pierné, présidente de Femmes 3000 France :
http://prenonslaparole.hautetfort.com/archive/2009/02/19/femmes-3000-a-la-mairie-du-15-eme.html

Une prochaine rencontre aura lieu au courant du mois de novembre 2009 au Café de Flore (172, Boulevard Saint-Germain, 75006 Paris). Nous vous tiendrons au courant de la date exacte dÚs que possible.


 

Revue de presse 2008 (complément)

Mardi 30 DĂ©cembre 2008

- LCP chaßne de l'Assemblée Nationale - 09/01/2008 - Intervention de Latifa Bennari sur le sujet du projet de loi dit de "rétention de sûreté"
- Santé Magazine - Mars 2008 - "Comment traiter les pédophiles" ? (par Sylvie Dellus)
- ParenthĂšse radio - 09/06/2008 - ITW dans l'Ă©mission "Les P'tits Loups"
- Citadine - Nov 2008 - "PĂ©dophilie : ne touchez pas Ă  nos enfants" (par MĂ©lanie Frerichs-Cigli)
- Gazelle N°18 - Nov/Déc. 2008 - "Pédophilie : et si on levait les tabous ?"

 

Latifa Bennari invitée du café-débat ANNECOM

Lundi 08 DĂ©cembre 2008

Une entrevue conviviale autour de la question de la lutte contre la pédophilie s'est tenue ce jeudi 4 décembre 2008 au "Bistrot Gourmand", rue Charles Dupuis (Paris IIIÚme).
Dans le cadre des cafés-débats ANNECOM, Latifa Bennari fut l'intervenante du jour :



"'L'ange Bleu' est la premiĂšre et la seule association qui, jusqu'Ă  prĂ©sent, lutte contre la pĂ©dophilie en prĂȘtant une oreille attentive aux pĂ©dophiles."


Tout comme un pĂšre incestueux n’est pas forcĂ©ment un pĂ©dophile. Un pĂ©dophile n'est pas obligatoirement un agresseur, il peut aussi ĂȘtre ce qu'on appelle un pĂ©dophile abstinent. Un certain nombre de ces Hommes ne demandent qu’à ĂȘtre aidĂ©s et soutenus. Conscients de leur attirance sexuelle pour les enfants, ils s'en sont remis Ă  l'Ange Bleu pour les aider Ă  sortir de leur silence et de leurs souffrances.

Latifa Bennari, fondatrice de l'association, est venue parler de son action, de la façon dont elle a rĂ©ussi Ă  tirer profit de son douloureux passĂ© personnel pour se projeter vers l’avenir.


Filmé par Graziella Channe-Kane
video : Elie Girard .
http://www.dailymotion.com/video/x85o9f_cafe-societal-lange-bleu-latifa-ben_news

http://www.dailymotion.com/related/x85o9f/video/x7ot4y_les-cafes-dyannecomlatifa-bennarifo_news

http://prenonslaparole.hautetfort.com/archive/2008/12/07/pedophilie-l-approche-differente-de-latifa-bennari.html


(Tous les mois, ANNECOM organise un cafĂ© culturel autour d’un sujet d’actualitĂ©. Chaque mois, un nouvel intervenant vient tĂ©moigner et rĂ©pondre Ă  nos questions. Le public est bien entendu conviĂ©, il s’agit d’un moment d’échange, le moment pour poser ces questions qui nous passent par la tĂȘte mais que l’on n’a jamais eu l’opportunitĂ© de poser. [http://annecom.numeriblog.fr/])

 

Journal télévisé du 15 octobre 2002

Mercredi 02 Avril 2008

Archive de l'INA du journal télévisé du 15 octobre 2002 => http://w1.ina.fr/archivespourtous/index.php?vue=notice&id_notice=2122372001

 

Affaire de la banderole

Mercredi 02 Avril 2008

PĂ©dophile, chĂŽmeur, consanguin : des insultes ?

Le présent texte n'a pas vocation de remettre en cause l'intention insultante d'une poignée de supporters adverses lors d'une manifestation sportive, instaurant ainsi un climat de racisme régionnal, mais porte sur le fond qu'il est important de rappeler dans le document ci-joint :

http://www.ange-bleu.com/pj/banderole.pdf

 

Revue de Presse

Mardi 01 Avril 2008

"Tu es prisonnier de tes pulsions sexuelles, tu souffres en silence d'obsessions ou de fantasmes insoutenables, tu as peur de dĂ©raper, tu ne souhaites pas devenir un abuseur ou un rĂ©cidiviste : des solutions adaptĂ©es existent, une Ă©quipe thĂ©rapeutique est lĂ  pour t’aider." La prĂ©sidente, Latifa BENNARI => http://www.ange-bleu.com/consultation.php

LE MONDE - Propos recueillis par Mathieu Auzanneau :
"La crĂ©ation d'un hĂŽpital fermĂ© pour dĂ©linquants sexuels ne sera pas efficace" LEMONDE.FR | 21.08.07 | 19h14 ‱ Mis Ă  jour le 22.08.07 | 08h13
http://www.lemonde.fr/societe/son/2007/08/21/la-creation-d-un-hopital-ferme-ne-sera-pas-efficace_946362_3224.html

Article en arabe sur l'action de l'Ange Bleu (Format PDF) : www.ange-bleu.com/pj/20070416-action-ange-bleu-arabe.pdf

ELLEQUEBEC.COM Article de Sylvie POIRIER : www.ellequebec.com/ellequebec/client/fr/accueil/DetailNews.asp?idNews=237451&bSearch=True

Belle-Santé (Belle-Santé N°89 - 16 Octobre 2006) : www.belle-sante.com/actu/new_news.cgi?id_news=371

Femmes du Maroc (1 octobre 2006) : www.femmesdumaroc.com/Rubriques/Actualites/Pedophilie-sans-tabou

L'Opinion (6 Mai 2006) : www.lopinion.ma/spip.php?article11911

Aujourd'hui, Le Maroc (5 Mai 2006) : www.aujourdhui.ma/magazine-details405436.html

Archive de l'INA du journal télévisé du 15 octobre 2002 => http://w1.ina.fr/archivespourtous/index.php?vue=notice&id_notice=2122372001

 

Psychanalyste corporel

Lundi 18 FĂ©vrier 2008

Partenaire de l'association ANGE BLEU, qui approuve notre démarche et qui l'intÚgre dans sa pratique => http://www.winkel-psychanalyste.fr


 

Salon du Livre de Casablanca du 9 au 18 février 2007

Vendredi 02 FĂ©vrier 2007

Au Salon du Livre de Casablanca du 9 au 18 fĂ©vrier 2007, Madame Latifa BENNARI signera son livre : "PĂ©dophilie une approche diffĂ©rente LA FIN D’UN SILENCE" AD2 Editions, le MERCREDI 14 FEVRIER 2007.
Rendez-vous au STAND DU CARREFOUR DES LIVRES - espace Sochepress -

 

Interviews

Lundi 29 Novembre 2004

CONFERENCES ET JOURNEES D'INFORMATION



2002_03_17 et 16 à 10h15 : 8Úme Colloque National de la Plongée Enfants Mennecy organisé par la Fédération Française d'Etudes et de Sports
Sous-Marins (FFESSM).
- ThÚme : Prévention de la Pédophilie


2003_01_21 à 17h00 : Conférence Presse au Centre d'Accueil de Presse EtrangÚre (CAPE)- Maison de la Radio.
- ThÚme : Maltraitance sur enfants et pédophilie : pour une meilleure prévention


2003_05_20 de 14h00 Ă  17h00 : Intervention Ă  l'Institut de Formation en Soins Infirmiers JB Pussin (HĂŽpital Esquirol) auprĂšs de 18 Ă©tudiants de
2Úme année dans le cadre d'un module d'enseignement.
- ThÚme : Les différents profils du pédophile. La prévention


2003_11_08 à 14h00 : Conférence-débat organisée par l'association pour la Prévention de la Maltraitance et des Abus Sexuels envers les enfants
(Dis No) Ă  l'hĂŽtel Alpha-Palmiers Ă  Lausanne (Suisse).
- ThĂšme : PĂ©dophilie : Faut-il les condamner sans les Ă©couter?


2003_11_25 à 14h30 : Conférence-débat organisée pour la Collaboration de Tous Les Intervenants à Fresnes (France) (ACTIF) à la salle
Universalis - prison de Fresnes.
- ThĂšme : PĂ©dophilie : Faut-il les condamner sans les Ă©couter?


2004_01_21 à 15h00 : Conférence-débat organisée par l'Association l'Ange Bleu à Espace Association à Nice Garibaldi.
- ThĂšme : PĂ©dophilie : Faut-il les condamner sans les Ă©couter?


2004_01_31 à 13h30 : Conférence-débat organisée par l'Association l'Ange Bleu à l'Eglise Réformée du Saint- Esprit - Paris
- ThĂšme : PĂ©dophilie : Faut-il les condamner sans les Ă©couter ?


2004_03_20 à 20h00 : Conférence-débat organisée par l'Association "Voix du Silence" à Bruxelles (Belgique).
- ThĂšme : PĂ©dophilie - Abus sexuels : d'autres approches.

2004_04_16 à 17h30 : Rencontre-débat à la librairie FNAC Centre St Jacques de Metz à l'occasion de la sortie de son livre "La Fin d'un Silence :
Pédophilie : une approche différente".


2004_11_18 à 19h15 : Rencontre-débat à la FNAC de Fribourg (Suisse) à l'occasion de la Journée Mondiale pour la Prévention des Abus envers les
Enfants.
- ThÚme : "Protéger les enfants, c'est aussi donner la parole aux pédophiles".

2004_11_19 à 19h00 : Table Ronde organisée par l'association « ASADE », Adulte Sexuelle Abusé-e Durant l'Enfance, à Fribourg en Suisse, à
l'occasion de la Journée Mondiale pour la Prévention des Abus envers les Enfants.
- ThÚme : « Protéger les enfants, c'est aussi donner la parole aux pédophiles ».

2005_01_28 : Journée d'information organisée par le SPIP (Services Pénitentiaires d'Insertion et de probation) de Lille auprÚs des visiteurs de
prison dans le milieu incarcéral.

2005_04_04 et 05 : Journée d'information organisée par le SPIP (Services Pénitentiaires d'Insertion et de probation) d'Argentan auprÚs des
visiteurs de prison dans le milieu incarcéral.

2005_05_10 : Conférence organisée par l'association "La Cause des Enfants" à Evreux


PRESSE :


- 11 mai 2000 : "La Croix" : Latifa invente la prévention

- 10 juin 2000 : L'ange et la bĂȘte

- 7 novembre 2000 : "The Guardian" : L'enfance violée

- 20 novembre 2001 : "Swiss Info" : Omerta sur la pédophilie

- 30 septembre 2002 : "Le Matin" : Le profil des abuseurs

- 12 novembre 2002 : "L'Impartial" Le Locle. Contre la pédophilie

- 19 novembre 2002 : "Le Matin" (quotidien suisse) : Les pédophiles ont besoin d'aide

- 25 novembre 2002 : "L'Impartial" : Les pédophiles ont besoin d'aide

- 26 novembre 2002 : "Le Courrier" (quotidien suisse) : La rançon du silence

- 22 février 2003 : "Dn" (quotien portugais) : Eu ajudo pedofilos

- 17 mars 2003 : "Le Mague" : Latifa Bennari : Une autre approche de la pédophilie

- 30 avril-1er mai 2003 : "GHI" : PĂ©dophilie - Comprendre pour aider

- 7 mai 2003 : "Le Temps" (quotien suisse) : Donner la parole aux pédophiles pour protéger les enfants, le pari dérangeant de Latifa Bennari

- 10 mai 2003 : "Le Courrier" : Donner la parole aux pédophiles pour protéger les enfants, le pari dérangeant de Latifa Bennari

- 11 mai 2003 : "Dimanche" : Je suis pédophile, écoutez-moi

- 27 juin 2003 : "Le Parisien" : Trois jours de fantasia marocaine

- 27 juin 2003 : "Le Parisien" : Une reconnaissance aprÚs des années de lutte

- 1er juillet 2003 : "La vie Ă  Bry" : Un livre au sujet tabou

- 18 septembre 2003 : "L'Express" : Pédophilie : prévenir la récidive

- 30 octobre 2003 : "Le RĂ©publicain" : Mon fils, ma bataille

- 22 novembre 2003 : "Le Mague" : Acharnement médiatique sur Michaël Jackson

- 14 janvier 2004 : "MĂ©tro" : Message Ă  l'attention du ravisseur d'Estelle

- 13 avril 2004 : "Le Mague" : Latifa Bennari Ă  la FNAC de Metz le 16 avril 2004

- 1er septembre 2004 : "pHmag" : J'ai appris à mes enfants comment faire la différence entre un pédophile et un agresseur

- 9 novembre 2004 : "Le Parisien" : Des délinquants sexuels vont tester la castration chimique"

- 20 novembre 2004 : "La Liberté" (quotidien suisse) : Trois questions à....... Latifa Bennari, victime d'abus et auteure d'un livre"


 

CONFERENCE-DEBAT DE MADAME BENNARI LATIFA A LA MAISON D’ARRET DE FRESNES

25 novembre 2003

« Pédophiles : Faut-il les condamner sans les écouter ? »

P : Président des visiteurs de prison.
S : Samuel pédophile invité à la conférence et témoin dans "La Fin d'un Silence".
LB ; Latifa BENNARI



Compte rendu du débat
Nombre des personnes présentes : 66

Madame BENNARI a fait part de sa mĂ©thode de prĂ©vention concernant la maltraitance sexuelle lors d’un discours de 20 minutes. Elle s’est prĂ©sentĂ©e en tant que porte parole des enfants pour la protection et les droits des enfants.

L’action menĂ©e par L’Ange Bleu a pour but d’:
  • Apporter un soutien aux victimes, ainsi qu’à leurs proches
  • Aider les pĂ©dophiles qui en ressentent le besoin
  • Dans le deuxiĂšme volet de l’action de l’association qui concernait essentiellement le public, la prĂ©sidente de l’association a essayĂ© de rĂ©pondre aux mieux aux questions qui lui ont Ă©tĂ© posĂ©es. A savoir :
  1. Qui sont les pédophiles ?
  2. En existe t-il plusieurs types ? Si oui lesquels ?
  3. Comment le sont-ils devenus ?
  4. Peut-on les aider à ne pas ou ne plus passer à l’acte ?

Le public Ă©tait essentiellement composĂ© de membres d’associations, de psychothĂ©rapeutes, psychanalystes, proches des dĂ©tenus.
AprĂšs le discours, Madame BENNARI a invitĂ© un collaborateur de l’association qui est un pĂ©dophile abstinent, il se nomme Samuel. Il Ă©tait prĂ©sent pour expliquer son point de vue et expliquer son attirance pour les enfants.

DĂ©bat :


Public : Avec votre combat, est-ce qu’on ne joue pas contre l’intĂ©rĂȘt des enfants ?
Latifa BENNARI : Il faut savoir que la pĂ©dophilie est une attirance sexuelle ou plutĂŽt une orientation. Il n’y pas de culpabilitĂ© Ă  avoir si on ne fait rien de mal. Les pĂ©dophiles abstinents sont malheureux car ils ne sont pas en contact avec des personnes qui les comprennent. Le passage Ă  l’acte est un crime, il est puni par la loi, et l’association est impitoyable face aux agresseurs sexuels. Notre but est de protĂ©ger les enfants et la prĂ©vention se situe avant le passage Ă  l’acte et non aprĂšs, donc il faut d’une maniĂšre ou d’une autre prĂ©venir en aidant les pĂ©dophiles en les comprenant et leur apporter un soutien.

P : Quelle est la motivation pour ne pas passer à l’acte ?
Samuel : Je suis parfaitement conscient du fait que le passage Ă  l’acte est contraire Ă  l’intĂ©rĂȘt des enfants. Il faut laisser les enfants dĂ©couvrir la sexualitĂ© en temps voulu, ils doivent apprendre d’eux mĂȘmes, je suis persuadĂ© que ces pratiques peuvent ĂȘtre destructrices pour l’enfant.

P : Le passage Ă  l’acte est une dĂ©viance de l’amour ?
LB : Certains passages Ă  l’acte ne sont pas faits dans une intention de nuire Ă  l’enfant. Il y a un amour certain et un attachement pour l’enfant. Je continue de penser que le passage Ă  l’acte est cynique et que malgrĂ© tout le pĂ©dophile actif se moque des consĂ©quences de son acte sur l’évolution de l’enfant.

P : Etant pédophile, peut-on se construire une vie (mariage, enfants
) ?
S : Je ne parviens pas Ă  avoir une stabilitĂ© parfaite, je ne suis pas mariĂ© et je n’ai pas d’enfants. Mes attirances Ă©voluent avec le temps vers l’homosexualitĂ©. Au dĂ©but, j’étais attirĂ© par les enfants de 8/10 ans et maintenant vers des adolescents de 17/18 ans. Je ne suis absolument pas attirĂ© par les enfants de moins de 11 ans.

P : Comment reconnaßtre un pédophile dans notre entourage ?
LB : Le pĂ©dophile lui mĂȘme se tournera vers une oreille attentive, c’est lui qui vous trouvera. Les pĂ©dophiles sont des personnes comme vous et moi, cela ne se voit pas sur l’apparence physique. S : Les familles sont souvent trĂšs mĂ©chantes avec les pĂ©dophiles, ils sont exclus et ne les soutiennent absolument pas.

P : Comment travaille l’Ange Bleu ?
LB : Au dĂ©but, je comptais sur le partenariat des autres associations qui luttent contre la maltraitance sexuelle puis j’ai dĂ©couvert que j’étais rejetĂ©e par celles ci. Internet a permis Ă  beaucoup de pĂ©dophiles de se mettre en contact avec l’association, ils se sont sentis en confiance et ils se sont ouverts pour une aide. D’autre part, des professionnels ne croyaient pas en cette approche de prĂ©vention et ne pensaient pas que les pĂ©dophiles abstinents pourraient se confier Ă  moi.

P : Vous avez dit que certains pédophiles pouvaient protéger les enfants ?
LB : Au sujet de la rĂ©cidive, il y a encore des progrĂšs Ă  faire car les pĂ©dophiles sont seuls face Ă  leur souffrance. La prĂ©vention ne veut pas dire qu’il faut les associer avec des enfants. Je vais vous parler d’un cas qui me tient Ă  cƓur, car il faut savoir que les pĂ©dophiles dĂ©couvrent trĂšs tĂŽt leur attirance pour les enfants, dĂšs l’adolescence voire dĂšs l’enfance. R.M, un jeune adulte de 18 ans Ă  sa sortie de prison il veut travailler Ă  l’Ange Bleu et s’occuper des enfants. Mais il n’est pas possible de l’intĂ©grer car son crime est encore prĂ©maturĂ© pour prĂ©tendre ĂȘtre prĂȘt psychologiquement pour aider des victimes. Or, Samuel notre collaborateur n’est pas attirĂ© par les enfants, sexuellement parlant, il connaĂźt les consĂ©quences et son but est de protĂ©ger les enfants.

P : Vous sentez-vous fragilisé avec les enfants qui vous attirent ?
S : Je me nourris de fantasmes, je ne veux pas passer Ă  l’acte et je ne l’ai jamais voulu. J’ai des sentiments amoureux, je veux partager une idylle comme toute personne, mais cela est impossible, je m’y suis rĂ©signĂ©. Ce sentiment est trĂšs douloureux mais il est sain pour l’adolescent.

P : Je suis un visiteur de prison, je vois un agresseur sexuel qui souhaiterait travailler Ă  l’écoute d’anciens dĂ©tenus. Existe t-il d’autres associations comme la vĂŽtre ?
LB : Il n’y en existe pas d’autre malheureusement, nous sommes face Ă  ce flĂ©au. Il faudrait ĂȘtre sĂ»re de son Ă©tat psychologique avant de se lancer dans cette aventure.

Madame Latifa BENNARI lit une lettre de R.M pour que le public soit conscient de son désarroi face à sa solitude car à sa sortie de prison, il ne sait pas quoi faire, il est exclu de son entourage et de sa ville.

P : On dit que l’acte se reproduit, des anciennes victimes deviennent des pĂ©dophiles, qu’en pensez-vous ?
LB : Certains pĂ©dophiles qui ont Ă©tĂ© abusĂ©s sexuellement Ă©tant enfants sont amenĂ©s Ă  reproduire l’acte, mais pas tous, heureusement. C’est une expĂ©rience trĂšs douloureuse, mais de nos jours il y a bien d’autres Ă©preuves que les enfants vivent qui sont elles aussi destructrices comme le divorce des parents, la mort d’un des parents. Dans une Ă©tude faite au Canada, sur 200 pĂ©dophiles questionnĂ©s sur un Ă©ventuel abus pendant l’enfance, deux tiers ont rĂ©pondu que oui et puis aprĂšs le passage au dĂ©tecteur de mensonge, il s’est avĂ©rĂ© qu’un tiers de cette population disait vrai. Certains utilisent ce prĂ©texte pour lĂ©gitimer l’acte.

P : Il faut une certaine force de caractùre ou une motivation pour vivre une telle souffrance et surtout pour ne pas passer à l’acte ?
LB : Il y a malheureusement des dĂ©rapages dĂ©vastateurs qui dĂ©truisent une personne qui n’arrive pas Ă  vivre avec cette diffĂ©rence. Je pense en particulier Ă  la psychologie du pĂ©dophile qui le vit mal, il peut se perdre dans l’alcool, la drogue ou se suicider. Je vais vous lire une lettre qui a Ă©tĂ© Ă©crite sur un forum.
Lecture de la lettre du suicide en direct
C’est Samuel qui m’a fait part de cette lettre, et m’a mis en contact avec celui ci. Il a effectivement essayĂ© de se suicider, il a survĂ©cu et s’en est voulu de s’ĂȘtre « ratĂ© ». Il a Ă©tĂ© hospitalisĂ© et je l’ai aidĂ© comme j’ai pu.
S : J’ai Ă©galement essayĂ© de mettre fin Ă  mes jours, je me suis jetĂ© sous un bus, je n’avais que 19 ans. Je trouve cette façon lĂąche pour affronter la situation, mais c’était en mĂȘme temps un moyen d’en finir dĂ©finitivement. Je me mĂ©prisais.

P : Pensez-vous que beaucoup d’homosexuels Ă©taient au prĂ©alable pĂ©dĂ©rastes ou pĂ©dophiles ?
S : Pas obligatoirement, en ce qui me concerne j’ai Ă©tĂ© rejetĂ© par les homosexuels, car j’ai essayĂ© il y a longtemps, de m’intĂ©grer Ă  des groupes, mais ils ne m’ont pas acceptĂ©. Certains homosexuels se cachent derriĂšre un masque, car ils sont pĂ©dophiles ou pĂ©dĂ©rastes dans l’ñme.

P : Existe t-il différentes classes de pédophiles ?
LB : Il en existe autant qu’il y a d’individus sur terre, j’ai essayĂ© de les regrouper en trois types, mais le classement n’est pas exhaustif.

P : Des femmes pédophiles vous ont-elles contacté ?
LB : Les femmes ont davantage de mal Ă  se prononcer, elle n’arrivent pas Ă  le dire. Et il faut savoir qu’il est encore plus difficile Ă  les dĂ©noncer. Il s’agit d’un traumatisme encore plus destructeur, les victimes se taisent encore plus quand il s’agit de femmes qui agressent. Je m’intĂ©resse particuliĂšrement aux cas de femmes pĂ©dophiles et aux mĂšres incestueuses. Il y a malgrĂ© tout moins de cas de femmes que d’hommes.
S : Il existe des sites sur Internet invitant des femmes pĂ©dophiles. Certaines ne savent pas diffĂ©rencier les caresses affectueuses et les caresses sexuelles. Il reste un chiffre indĂ©terminable pour Ă©valuer les cas, c’est un chiffre noir.

P : Avez-vous des cas de pédophiles incestueux ?
LB : Il est bien de diffĂ©rencier la pĂ©dophilie et l’inceste, sachez que tous les pĂ©dophiles ne sont pas incestueux et vis versa. J’ai quelques cas rares, mais ils existent quand mĂȘme. Dans mon ouvrage, je fais part de diffĂ©rents cas de figure.

P Ă  Samuel : Vous ĂȘtes membre actif de l’association, vous aidez les pĂ©dophiles, mais ĂȘtes vous vous mĂȘme aidĂ© par un mĂ©decin ?
S : Avant je faisais partie d’un groupe de parole dans le centre du Docteur Coutenceau. Le docteur pensait que j’avais assez de force pour continuer seul. Je n’exclus pas le fait que je pourrai en avoir besoin, si nĂ©cessaire j’y ferai recours. Actuellement, je me sens assez solide pour aider des pĂ©dophiles.

P : Sur les forums, les internautes cherchent de l’aide ou des enfants ?
S : Les forums sont des lieux de discussions, d’expression. De toute façon l’exclusion renvoie au communautarisme, les pĂ©dophiles sont rejetĂ©s mĂȘme quand ils n’ont rien fait, alors ils se retrouvent entre eux pour ĂȘtre compris par des personnes comme eux. Les forums ne sont en aucun cas des lieux d’échange d’enfants ou de pĂ©dopornographie. Ce sont souvent des personnes dĂ©sespĂ©rĂ©es qui se retrouvent sur les forums, mais ces internautes parlent aussi d’autre chose (cinĂ©ma, musique, littĂ©rature
). Ils Ă©changent des idĂ©es, ils polĂ©miquent Ă©galement, enfin comme sur tous les forums. La seule particularitĂ© est que ces personnes sont attirĂ©es par des enfants.

P : Sur votre lieu de travail vous dites ĂȘtre pĂ©dophile ou homosexuel ?
S : Je dis ĂȘtre bisexuel
 car je ne sais pas moi mĂȘme oĂč me situer, mais je sais qu’en aucun cas je ne toucherai un enfant.

P : L’impact de la pĂ©dophilie est-il le mĂȘme aujourd’hui, ou a t-elle toujours existĂ© ?
LB : La pĂ©dophilie a toujours existĂ©, mais on en parle plus de nos jours. Les mĂ©dias utilisent ce thĂšme pour faire la une des journaux. Les lois ont Ă©galement Ă©voluĂ© et la rĂ©pression est plus forte. Mais les gens font un amalgame entre pĂ©dophile et agresseur. De plus comme le dĂ©finit le dictionnaire, un pĂ©dophile est une personne qui est attirĂ©e par les enfants, et la majoritĂ© sexuelle est de 15 ans en France. Donc au delĂ  des 15 ans, on ne parle plus de pĂ©dophilie. Mais la pĂ©dophilie a toujours Ă©tĂ© prĂ©sente, ce n’est pas une nouvelle crĂ©ation.

P : Pensez-vous que la sanction pénale est une bonne thérapie ?
LB : Cela dĂ©pend des personnes. Mais la rĂ©pression est obligatoire pour dĂ©fendre les enfants. Les agresseurs doivent ĂȘtre reconnus coupables aux yeux de la loi. Il y a une augmentation de sanctions depuis quelques annĂ©es. Cela s’avĂšre parfois peu productif, car les dĂ©linquants sexuels sortent encore plus dangereux. On condamne de nos jours le stockage de photos que les pĂ©dophiles possĂšdent.
S : Les dessins qui sont nĂ©s de l’imagination ne nuisent pas. Mais si la rĂ©pression est la mĂȘme pour le stockage, certains pĂ©dophiles disent qu’à la limite pourquoi pas tĂ©lĂ©charger des photos pĂ©dopornographiques. Il existent beaucoup d’amatrices de photo pĂ©dopornographiques avec des petits garçons.

P : Dans les familles japonaises, on dit que les femmes initient les jeunes garçons ou enfants à la sexualité, que savez-vous à ce sujet ?
LB : Il est probable que cela se produise, j’en ai dĂ©jĂ  entendu parler, mais je ne sais pas grand chose Ă  ce sujet. J’ai une photo assez choquante, et j’invite ceux qui le dĂ©sirent Ă  la voir sur une mĂšre de famille qui incite son fils Ă  faire une fellation Ă  un autre enfant.
Une personne du public montre une photo publicitaire parue dans un magazine « Marie-Claire » il s’agit d’une petite fille qui est trĂšs peu habillĂ©e. On voit le fessier de l’enfant avec un morceau de tissu exprimant un tutu.
Il est incroyable que les mĂ©dias utilisent ce genre de photos. Il s’agit d’une photo qui pourrait faire fantasmer un pĂ©dophile attirĂ© par les petites filles.

P : La pédophilie est une maladie ?
LB : Non, c’est une orientation sexuelle, ou une dĂ©viance. Le plus grave dans cette situation c’est que ce sont d’autres maladies qui se greffent Ă  la pĂ©dophilie comme la dĂ©pression ou les tendances suicidaires. On ne peut parler de maladie, on ne peut donc pas soigner les pĂ©dophiles.

P : Nous avons contactĂ© le Parisien, France 3 pour cette confĂ©rence. Ils ont refusĂ© de venir car ils n’étaient pas intĂ©ressĂ©s. Qu’en pensez-vous ?
LB : Les mĂ©dias refusent de traiter le sujet de la prĂ©vention c’est Ă  dire avant de passer Ă  l’acte car ils mĂ©connaissent le sujet et ne savent pas le traiter. Ils prĂ©fĂšrent les histoires Ă  scandale comme l’affaire de Michael Jackson ou les cas de tueurs en sĂ©rie. Le passage Ă  l’acte terrorise le public et c’est une bonne façon de faire des gros titres et ils y voient des fins commerciales.

P : La presse ne donne t-elle pas des idĂ©es aux pĂ©dophiles pour le passage Ă  l’acte ?
S : Personnellement je ne pense pas, en ce qui me concerne je trouve cela trĂšs malheureux car ce sont une minoritĂ© de pĂ©dophiles qui donnent une mauvaise image aux autres. Mais je ne peux pas l’affirmer, il est possible que certains s’en inspirent.

Fin du débat

 




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